Holcim renforce sa stratégie RSE en multipliant les partenariats technologiques dédiés à l’élimination durable du CO2. En signant un accord inédit avec la société 44.01 aux Émirats arabes unis, puis en déployant des solutions équivalentes avec neustark en Europe, le géant des matériaux de construction affirme une approche industrielle concrète de la minéralisation du carbone dans le ciment.
Holcim et la minéralisation du CO2 : un pilote industriel inédit avec 44.01
Le 9 décembre 2025, Holcim a officialisé à Fujairah, aux Émirats arabes unis, un accord avec la start-up 44.01, marquant une nouvelle étape de sa feuille de route climatique. Ce partenariat, qui concerne la capture et la minéralisation du CO2, s’inscrit dans la stratégie RSE de Holcim, qui vise à réduire durablement l’empreinte carbone du ciment, secteur responsable d’environ 7% des émissions mondiales. Parallèlement, Holcim a conclu des accords similaires avec Neustark, spécialiste suisse de la minéralisation du carbone, afin de déployer des solutions complémentaires sur plusieurs marchés européens.
Holcim a choisi Fujairah comme terrain d’expérimentation pour un projet pilote présenté comme une première mondiale dans l’industrie du ciment. En effet, selon 44.01, l’initiative combine, pour la première fois à cette échelle, la capture du CO2 directement sur un site cimentier et sa minéralisation permanente dans des formations géologiques. Ce projet s’inscrit donc pleinement dans la stratégie RSE de Holcim, qui privilégie des solutions de décarbonation intégrées aux processus industriels existants.
Concrètement, la technologie de 44.01 repose sur l’accélération d’un processus naturel. Le CO2 capté est dissous dans de l’eau, puis injecté en profondeur dans des roches riches en magnésium et en calcium. Par réaction chimique, le gaz se transforme en carbonates solides, stables sur des échelles de temps géologiques. Selon 44.01, cette minéralisation garantit un stockage permanent du CO2, sans risque de relargage, ce qui distingue cette solution d’autres formes de captage et stockage du carbone.
Le pilote mené avec Holcim vise une capacité d’environ 5 tonnes de CO2 captées par jour, soit un volume significatif pour une phase expérimentale industrielle. Le projet bénéficie du soutien de la Fujairah Natural Resources Corporation et s’appuie sur la technologie de capture CANSOLV développée par Shell, intégrée aux installations existantes. Cette approche pragmatique permet à Holcim de tester la compatibilité opérationnelle de la minéralisation avec ses procédés de production de ciment, tout en limitant les ruptures industrielles.
Pour Holcim, l’enjeu dépasse largement le cadre de ce seul site. Le groupe considère ce pilote comme un démonstrateur reproductible dans d’autres régions disposant de formations géologiques adaptées. Selon 44.01, il s’agit également de son premier projet industriel avec un acteur de premier plan, ce qui confère à l’accord une dimension stratégique pour les deux partenaires. « Ce partenariat montre que les entreprises industrielles peuvent jouer un rôle moteur dans l’élimination permanente du carbone », a déclaré Talal Hasan, directeur général de 44.01.
Holcim et Neustark : une approche circulaire de la minéralisation du carbone dans le ciment
En parallèle de cet accord au Moyen-Orient, Holcim a renforcé sa stratégie RSE en Europe en collaborant avec Neustark, une entreprise suisse spécialisée dans la minéralisation du CO2 appliquée aux matériaux de construction. Contrairement à 44.01, qui cible principalement les formations géologiques profondes, Neustark intervient directement sur les flux de matériaux et de résidus issus de la production et du recyclage du béton.
La technologie développée par Neustark consiste à injecter du CO2, principalement d’origine biogénique, dans des eaux résiduelles alcalines générées lors du lavage du béton. Ce CO2 réagit avec les composants cimentaires dissous pour former du carbonate de calcium, autrement dit du calcaire. Ce processus permet à la fois de stocker le CO2 de manière permanente et de neutraliser l’eau résiduelle, facilitant ainsi sa réutilisation ou son rejet conforme aux normes environnementales. Cette solution s’inscrit pleinement dans une logique d’économie circulaire, en transformant un déchet industriel en puits de carbone.
Holcim a déjà déployé cette technologie sur plusieurs sites en Suisse, où 14 unités sont opérationnelles ou en cours de mise en service. D’après les informations publiées par neustark et Holcim Suisse, chaque installation peut stocker entre 40 et 200 tonnes de CO2 par an, selon la taille du site et les volumes d’eaux résiduelles traitées. Ces chiffres, bien que modestes à l’échelle d’un groupe mondial, prennent une autre dimension lorsqu’ils sont multipliés sur des dizaines de sites.
Au-delà de la Suisse, Holcim prévoit d’étendre cette solution en Allemagne, en Italie et en France. Cet accord entre Holcim et Neustark ouvre également la voie à un déploiement progressif sur d’autres marchés européens, puis potentiellement au-delà. En complément, Neustark développe des technologies de minéralisation du CO2 dans les granulats de béton recyclé, permettant de transformer les déchets de démolition en matériaux à bilan carbone négatif, utilisables dans de nouveaux projets de construction.
Une stratégie RSE globale portée par Holcim sur plusieurs marchés
Pris ensemble, les accords conclus avec 44.01 et Neustark illustrent la stratégie RSE multi-technologique de Holcim. Plutôt que de miser sur une solution unique, le groupe adopte une approche différenciée selon les contextes géographiques, les ressources locales et les contraintes industrielles. Aux Émirats arabes unis, la présence de formations rocheuses adaptées favorise la minéralisation géologique profonde. En Europe, la densité des infrastructures de recyclage et les exigences réglementaires orientent les solutions vers la circularité des matériaux.
Cette complémentarité technologique permet à Holcim de s’attaquer à plusieurs maillons de la chaîne de valeur du ciment. La capture du CO2 à la source, sa minéralisation et son intégration dans des matériaux de construction contribuent à réduire l’empreinte carbone globale du secteur, tout en créant de nouveaux standards industriels. Selon les communications officielles du groupe, ces initiatives s’inscrivent dans le cadre de sa stratégie NextGen Growth 2030, qui vise à accélérer le développement de solutions bas carbone à grande échelle.
D’un point de vue RSE, ces partenariats répondent également aux attentes croissantes des investisseurs et des collectivités locales en matière de crédibilité climatique. En s’appuyant sur des technologies de stockage permanent du CO2, Holcim cherche à dépasser les approches purement compensatoires pour s’engager dans des réductions mesurables et vérifiables. La multiplication des projets pilotes, comme celui de Fujairah, permet en outre de documenter les performances réelles de ces solutions, condition indispensable à leur déploiement industriel.
Enfin, la dimension internationale de ces accords souligne l’ambition de Holcim de jouer un rôle moteur dans la transformation du secteur du ciment. En combinant innovation technologique, partenariats ciblés et ancrage local, le groupe entend démontrer que la décarbonation profonde de l’industrie lourde est compatible avec des impératifs économiques et opérationnels. Une approche qui, selon ses partenaires, pourrait servir de référence à l’ensemble de la filière.








