Budget 2026 : pourquoi l’État tourne le dos à l’urgence écologique

Le projet de loi de finances 2026 réduit drastiquement les budgets écologiques, menaçant la biodiversité et les initiatives vertes.

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Budget 2026 : pourquoi l’État tourne le dos à l’urgence écologique
Budget 2026 : pourquoi l’État tourne le dos à l’urgence écologique © RSE Magazine

Le 14 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté le projet de loi de finances pour 2026, un document qui vise à ramener le déficit budgétaire de 30 milliards d’euros en une année. Pour y parvenir, on prévoit de réduire les dépenses de 17 milliards d’euros tout en augmentant les recettes de 14 milliards d’euros. Ce débat budgétaire interroge sur la manière d’allier rigueur financière et préoccupations environnementales.

Défis dans les transports

Dans le secteur des transports, le malus CO₂ passera à 98 g/km en 2028, contre 113 g/km aujourd’hui, afin d’encourager l’usage de véhicules moins polluants. Par ailleurs, aucune avancée n’a été enregistrée pour le malus poids des véhicules lourds, comme les SUV. Certaines ONG proposent de le déclencher à partir de 1,3 tonne (avec un abattement limité pour les véhicules électriques) et suggèrent aussi de taxer la publicité pour ces Zones à faibles émissions. L’idée est de favoriser les voitures plus légères et moins nocives pour la planète.

Ajustements dans l’énergie et la fiscalité

Le secteur de l’énergie va lui aussi connaître des changements fiscaux importants. Ainsi, une taxation supplémentaire sur les centrales photovoltaïques installées avant 2021 devrait rapporter 50 millions d’euros par an pendant trois ans. En parallèle, les crédits MaPrimeRénov’ reculeront de 500 millions d’euros avec une aide désormais orientée vers les logements classés F et G, et un plafond des travaux réduit à 30 000 ou 40 000 euros. Ces mesures suscitent des interrogations quant à leur influence sur la transition énergétique.

Biodiversité en péril

Le budget destiné aux programmes « nature » du ministère de la Transition écologique est revu à la baisse de 32 millions d’euros en 2026, soit une diminution de 8,5 %, ce qui affecte la stratégie nationale biodiversité (SNB). Cédric Marteau, directeur général de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), dénonce cette réduction en soulignant qu’elle menace directement la SNB. La LPO demande également la création d’une niche fiscale pour les propriétaires de terrains comportant des zones humides.

Le Fonds vert en forte réduction

Créé en 2023 pour aider les collectivités locales dans leurs projets écologiques, le Fonds vert voit désormais son budget être divisé par deux, pour atteindre 600 millions d’euros, selon Reporterre. Nicolas Richard, vice-président de France Nature Environnement (FNE), n’hésite pas à dire que ce fonds « fond littéralement », rappelant ainsi que les moyens alloués ne répondent pas aux besoins des collectivités.

Agriculture et gestion des déchets

Dans le secteur agricole, le tarif particulier du B100 issu du colza est supprimé, permettant d’économiser 148 millions d’euros par an. L’avantage fiscal sur l’E85 sera réduit progressivement jusqu’en 2028 tandis que le crédit d’impôt pour l’agriculture biologique reste inchangé. Concernant les déchets, la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) va connaître une hausse notable : la taxe sur les déchets enfouis passera à 105 euros par tonne en 2030, alors que celle sur les déchets incinérés culminera à 45 euros par tonne. Une nouvelle taxe sur les déchets plastiques est en outre instaurée à hauteur de 30 euros par tonne.

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