Polémique : la France relance la chasse à un oiseau menacé, la LPO crie au scandale

La réouverture de la chasse à la tourterelle des bois suscite des débats enflammés : entre tradition et préservation, quels enjeux pour la biodiversité ?

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Polémique : la France relance la chasse à un oiseau menacé, la LPO crie au scandale
Polémique : la France relance la chasse à un oiseau menacé, la LPO crie au scandale © RSE Magazine

La chasse à la tourterelle des bois, cet oiseau migrateur dont la population a dégringolé en Europe, est à nouveau autorisée sur le territoire français. La reprise de cette pratique fait suite à l’arrêté du Conseil d’État en 2020, motivé par une baisse de près de 80 % en quinze ans. Son retour divise et relance le débat sur la préservation de cet animal déjà bien fragilisé.

Un cadre strict pour la chasse

Pour la saison 2025-2026, un quota bien défini a été mis en place : 10 560 spécimens pourront être prélevés sur toute la métropole. La décision, prise par le ministère de la Transition écologique et de la Biodiversité, s’appuie sur les recommandations de la Commission européenne. Celle-ci avait suggéré d’ouvrir un quota pour les pays situés sur la voie centre-ouest de migration (la France en fait partie), où l’espèce se porte mieux.

Les chasseurs doivent suivre des règles précises pour ne pas dépasser ce quota. Chaque capture doit être enregistrée en temps réel via l’application mobile « Chassadapt », développée par la Fédération nationale des chasseurs (FNC). Ces données sont ensuite transmises quotidiennement à l’Office français de la biodiversité (OFB). Une fois le quota atteint, l’application sera bloquée et un bilan final devra être envoyé au ministère avant le 1er mai 2026.

Des avis partagés sur cette décision

La réouverture de la chasse à cet oiseau emblématique rencontre une forte opposition du côté des défenseurs de la biodiversité. Allain Bougrain Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), critique la mesure en la qualifiant d’« inacceptable rage de tuer ». Selon lui, même si certains experts remarquent une légère amélioration dans l’état de l’espèce, cela s’explique surtout par la suspension de la chasse dans le passé. Il affirme que « cette espèce est encore en grande difficulté » et que remettre l’animal sur le terrain alors qu’il commençait à se stabiliser est tout bonnement irresponsable.

Bougrain Dubourg avertit aussi que rouvrir la chasse pourrait compromettre les efforts de protection déjà en place pour ce volatile sensible. Il appelle à une réflexion approfondie sur les conséquences de cette décision sur l’équilibre de la vie animale et invite les autorités à revoir leur choix.

Un retour sur l’historique

En 2020, le Conseil d’État avait suspendu la chasse à la tourterelle des bois après avoir constaté une chute spectaculaire de sa population pendant les quinze années précédentes. À cette époque, les experts étaient tombés d’accord pour recommander l’arrêt de cette pratique afin d’éviter une possible disparition. Le gouvernement n’avait pas réussi à justifier de façon convaincante la poursuite de la chasse malgré ces avertissements.

Aujourd’hui, même si certains indicateurs montrent une légère amélioration grâce aux efforts déployés ces dernières années, le débat reste animé sur la meilleure manière d’assurer la survie et le bien-être de la tourterelle des bois.

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