La ville de Genève, en Suisse, accueille en ce moment une réunion qui réunit 180 pays sous l’égide des Nations Unies. L’objectif est de négocier le tout premier traité mondial pour lutter contre la pollution plastique, un véritable « danger grave, croissant et sous-estimé » pour la santé humaine et l’environnement. Face à ce fléau, il faut agir rapidement et ensemble à l’échelle internationale.
Une réunion tendue
Les discussions se déroulent sur dix jours dans une ambiance géopolitique et commerciale compliquée. Initialement programmées lors d’une session à Busan, en Corée du Sud, fin 2024, les négociations avaient raté leur envol à cause d’un blocage opéré par un groupe de pays producteurs de pétrole. Ces derniers ont empêché d’atteindre un consensus global, ce qui a conduit à organiser cette session supplémentaire à Genève.
Sous la houlette du diplomate équatorien Luis Vayas Valdivieso, on débat d’un texte de traité qui devra lier juridiquement les États signataires. Depuis trois ans, les discussions tournent autour de sujets sensibles, comme l’interdiction de certaines substances chimiques ou la mise en place de plafonds de production.
Les enjeux santé et économie
Le coût annuel de la pollution plastique est évalué à au moins 1.500 milliards de dollars, d’après un rapport publié dans la revue médicale The Lancet. Les conséquences pèsent particulièrement lourd pour les enfants et les personnes vulnérables. Le médecin et chercheur américain Philip Landrigan a révélé que cette situation affecte fortement la santé publique, insistant sur la nécessité d’agir face à ce fléau.
Pendant que les discussions officielles se poursuivent, une installation artistique baptisée « Le fardeau du Penseur » est exposée à Genève, illustrant ainsi le poids considérable que représente cette pollution pour notre société, un problème également visible dans le vortex de déchets.
Des avis partagés et des propositions
Plusieurs intervenants ont pris la parole pour souligner l’urgence d’adopter ce traité. Henri Bourgeois-Costa de la Fondation Tara Océan affirme : « Il y a une réelle urgence ». De son côté, Marie-France Dignac de l’Inrae appelle à réduire drastiquement la production de plastique en rappelant que « tous les modèles scientifiques et ceux de l’OCDE le montrent aussi : plus on produit, plus on pollue », soulignant l’importance des stratégies de réduction.
Cependant, tout le monde n’est pas du même avis. Matthew Kastner, représentant du Conseil américain de l’industrie chimique, défend le rôle irremplaçable du plastique dans certains domaines, comme la fabrication d’équipements médicaux stériles ou de masques, ce qui complique la gestion des déchets plastiques.
Un futur sans pollution plastique ?
Le défi consiste à trouver le bon équilibre entre les besoins industriels et les impératifs environnementaux et sanitaires. Les ONG ainsi que la société civile œuvrent au sein de groupes de contact pour orienter favorablement le contenu définitif du traité.
Même si Luis Vayas Valdivieso reconnaît que « des leçons ont été apprises » depuis Busan, il est indispensable que ces négociations débouchent sur des solutions concrètes et efficaces. Il s’agit d’un défi politique, mais aussi d’une responsabilité collective envers notre planète et ses habitants.








