La France fait face à un vrai problème silencieux : les fissures qui apparaissent dans de nombreuses maisons à cause de la sécheresse. Ce souci, qui touche plus de la moitié des foyers dans l’Hexagone, est lié au retrait et au gonflement des sols argileux. Avec le changement climatique qui ne cesse de se faire sentir, ce phénomène risque de se détériorer encore davantage dans les années à venir, menaçant des millions de logements et engendrant des coûts financiers considérables.
Un territoire vulnérable
54 % des maisons françaises se trouvent dans une zone de risque moyen ou fort de fissures dues à la sécheresse. Pour être plus précis, 10,5 millions de maisons sont localisées dans des secteurs où le phénomène de retrait/gonflement des argiles (RGA) touche près de 48 % du territoire national. En effet, les sols argileux se dilatent quand ils sont humides et se contractent durant les périodes sèches, ce qui engendre des mouvements de terrain qui secouent les fondations des maisons.
L’étude menée par PriceHubble souligne que certains facteurs aggravants rendent ces habitations encore plus vulnérables. Par exemple, les maisons avec des formes un peu plus complexes, comme celles en U ou en L, sont particulièrement exposées, surtout si elles se trouvent sur des pentes.
Régions et villes sous pression
Certaines régions vulnérables se retrouvent dans la ligne de mire, notamment la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie, l’Île-de-France et le Centre-Val de Loire. À Mouguerre et à Foulayronnes, respectivement 80 % et 77 % des habitations présentent un vrai risque de fissuration. En revanche, des endroits comme la Bretagne et la Corse semblent en être pour leur grade.
En Normandie, et plus précisément sur la Côte fleurie, l’érosion marine historique se combine désormais avec les problèmes liés à la sécheresse et aux fortes précipitations. Pour illustrer le souci, une maison construite en 1937 a récemment vu apparaître et s’élargir des fissures sur ses murs extérieurs.
Conséquences économiques majeures
Les réparations des fondations endommagées peuvent coûter entre 20 000 et 80 000 euros – une somme qui ne sera remboursée que si l’État reconnaît officiellement le sinistre comme une catastrophe naturelle. Depuis le début de l’année, six arrêtés ont été émis pour 1 500 communes, ouvrant potentiellement la voie à des indemnisations.
D’après la Fédération Française de l’Assurance, le coût total des sinistres liés au RGA pourrait atteindre 43 milliards d’euros entre 2020 et 2050. Ce chiffre est environ trois fois supérieur à celui des trois décennies précédentes, où environ 14 milliards d’euros avaient été dépensés pour réparer ces dégâts.
Prévenir plutôt que guérir
Face à la montée de ces soucis, certaines mesures peuvent aider à limiter les dégâts, comme les restrictions d’usage de l’eau. Par exemple, il est conseillé d’installer un trottoir autour de sa maison avec une largeur variant entre 1,50 mètre et 2 mètres, de planter les arbres suffisamment loin des fondations et de s’assurer que l’évacuation des eaux de pluie soit optimale grâce à des gouttières bien entretenues.
La plateforme PriceHubble propose par ailleurs aux banques et aux assureurs une analyse détaillée pour déterminer les travaux à prévoir sur les maisons à risque. Malgré ces précautions, le député Vincent Ledoux rappelle que les dangers liés aux sécheresses ne doivent pas être minimisés.








