Croisières : la génération climat prise au piège de l’attrait pour les paquebots

Si l’on croyait la croisière réservée aux retraités fortunés, les chiffres viennent bouleverser cette idée reçue.

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Croisières : la génération climat prise au piège de l’attrait pour les paquebots © RSE Magazine

Entre fascination pour les horizons multiples et culpabilité écologique latente, les croisières cristallisent les contradictions d’un tourisme en mutation. Une nouvelle enquête signée FLASHS pour Sinay révèle une France partagée, séduite par le confort et la praticité des paquebots, mais profondément consciente de leurs impacts sur l’environnement.

Un engouement massif, dopé par les jeunes générations

Si l’on croyait la croisière réservée aux retraités fortunés, les chiffres viennent bouleverser cette idée reçue. En 2025, 65 % des Français déclarent envisager une croisière dans les cinq années à venir, soit 19 points de plus qu’en 2011. Chez les 18-34 ans, l’intérêt est encore plus marqué : 72 % l’envisagent, et 38 % y ont déjà goûté.

L’attrait repose avant tout sur la possibilité de découvrir plusieurs destinations en un seul voyage – motivation citée par 41 % des futurs croisiéristes. À cela s’ajoute une promesse de confort logistique et un rapport qualité/prix jugé compétitif.

La croisière, plaisir coupable d’un tourisme de masse

Mais ce succès se double d’une crise de conscience. 82 % des répondants ne considèrent pas la croisière comme une pratique écologique. Et parmi ceux qui en ont déjà fait l’expérience, près de la moitié (49 %) admettent une forme de culpabilité écologique, particulièrement chez les plus jeunes.

L’empreinte carbone du secteur, la pollution marine, et l’impact sur les villes d’escale nourrissent un malaise croissant. Pour 36 % des Français, l’enjeu environnemental constitue un frein explicite à l’idée de monter à bord. Ce chiffre grimpe à 48 % chez les 18-24 ans, soulignant une fracture générationnelle entre désir et responsabilité.

Des attentes fortes envers la transformation du secteur

Face à des navires toujours plus grands – parfois perçus comme de véritables « villes flottantes » –, 65 % des Français estiment que les villes d’escale doivent avant tout préserver l’environnement et la qualité de vie des habitants. Les promesses de retombées économiques ne suffisent plus à masquer les nuisances. La confiance envers les compagnies de croisières est fragile : 51 % des Français doutent de leur volonté réelle de verdir leurs pratiques. Toutefois, 49 % des moins de 35 ans gardent espoir.

Cette étude pose une question centrale pour l’avenir du tourisme : comment concilier l’attractivité d’un mode de voyage avec l’exigence d’un impact réduit sur les écosystèmes ? La croisière, emblème du tourisme de masse, pourrait bien devenir le laboratoire d’une transformation écologique nécessaire.

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