Les plages baignées de soleil de Provence-Alpes-Côte-d’Azur (PACA), appréciées autant par les touristes que par les habitants pour leurs eaux limpides, font face à une invasion pour le moins inattendue. En ce mois de juin, des méduses se sont retrouvées sur le littoral, ce qui inquiète pas mal les baigneurs et pousse les villes à réagir pour garantir la sécurité de tous. Ce qui cloche encore, c’est la présence de spécimens géants, jamais vus auparavant dans ces eaux.
Les méduses, une menace vieille comme le monde
Les méduses, qui font partie de la famille des cnidaires, existent depuis 650 millions d’années. Elles chassent leurs proies à l’aide de leurs nématocystes et leur piqûre tout à fait douloureuse peut vraiment gâcher une journée à la plage. Dans notre région, c’est surtout la pelagia noctiluca, connue aussi sous le nom de méduse violette, qui traîne. Avec des tentacules pouvant aller jusqu’à 60 cm, sa piqûre est réputée pour être particulièrement douloureuse. La prolifération actuelle sur le littoral du sud de la France a amené les autorités locales à agir rapidement pour protéger les baigneurs et limiter l’impact sur le tourisme.
Sur le coup : zones concernées et actions entreprises
Plusieurs secteurs emblématiques sont touchés par cette arrivée massive, comme Marseille avec ses plages de Frioul et d’Anse des Catalans, ainsi que la Côte Bleue qui comprend Carry le Rouet et Ensues la Redonne. Dans le Var, on parle aussi de Saint-Raphaël et de Pampelonne, et les Alpes-Maritimes ne sont pas en reste avec Théoule-sur-Mer, Cap d’Antibes, Beaulieu-sur-Mer et Roquebrune-Cap-Martin. Selon Nice-Matin, Antibes et Nice voient aussi leurs plages menacées entre le Cap d’Ail et Monaco.
Pour lutter contre ce phénomène, plusieurs municipalités ont mis en place des filets anti-méduses qui transforment la mer en une sorte de piscine sécurisée. À Cagnes-sur-Mer, par exemple, ces filets mesurent 125 mètres de long sur 8 mètres de profondeur et sont équipés de bouées tous les mètres (pour permettre une bonne circulation de l’eau tout en bloquant 90 à 95 % des méduses). Le coût de cette installation avoisine plusieurs dizaines de milliers d’euros, mais c’est un investissement nécessaire pour rassurer les visiteurs.
Des observations inattendues
Récemment, on a aussi remarqué l’apparition surprenante de méduses géantes dans certaines zones portuaires. Éric Dulière, président fondateur d’Anao, explique qu’en se rendant en plongée au port de Beaulieu, il a rencontré des méduses atteignant jusqu’à quatre fois leur taille habituelle : « Au mois de mars, on a fait un nettoyage dans le port de Beaulieu et on a plongé au milieu de méduses énormes. Nous n’en avions jamais vu d’aussi grosses. ». Par ailleurs, depuis trois semaines, de petites méduses mortes se retrouvent flottant au large et peinent à atteindre le rivage, dégageant une odeur désagréable qui vient perturber l’ambiance habituelle des plages.
Une œuvre inspirée par la mer
Alors qu’on tente de maîtriser la situation, une initiative artistique voit également le jour : « La Méduse des voyageurs ». Cette imposante sculpture domine le port de Saint Jean Cap Ferrat. Réalisée par l’artiste Laurent Piazza, l’œuvre a été forgée avec 350 kg de bronze, laiton et argent récupérés lors du nettoyage du littoral par Éric Dulière. Elle rend hommage à la beauté singulière des méduses et rappelle l’importance de prendre soin de nos mers.
Inaugurée en mai 2024 par le Prince Albert de Monaco pour célébrer les 120 ans du village côtier, cette création aux couleurs changeantes symbolise une prise de conscience face aux défis environnementaux actuels, notamment la réduction du plastique.









Aucune méduse à Pampelone depuis notre arrivée samedi 7