25 % des entreprises contrôlées en France épinglées pour greenwashing

La lutte contre le greenwashing franchit une nouvelle étape en France. Selon les derniers contrôles menés par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, une entreprise sur quatre inspectée pour ses allégations environnementales présente des anomalies. Un signal fort qui confirme que la communication autour de la transition écologique est désormais un enjeu central de conformité pour les entreprises engagées dans des démarches RSE.

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25 % des entreprises contrôlées en France épinglées pour greenwashing © RSE Magazine

Ces résultats proviennent d’une campagne de contrôle menée entre 2021 et 2022 portant sur plus de 1 100 entreprises. Les autorités ont constaté des pratiques trompeuses ou insuffisamment étayées dans environ 25 % des cas. À l’issue de ces investigations, 141 avertissements ont été émis, 114 injonctions ont été adressées aux entreprises concernées et 18 procédures judiciaires ont été engagées. Les chiffres confirment que la vigilance réglementaire s’intensifie autour des messages environnementaux utilisés dans la communication commerciale.

De plus en plus d’incidents de greenwashing

Cette évolution s’inscrit dans un contexte international de durcissement de la régulation contre les allégations écologiques trompeuses. Une analyse menée par le cabinet KPMG dans 28 juridictions souligne que les incidents liés au greenwashing ont augmenté ces dernières années dans la plupart des grandes zones économiques. En Europe, leur proportion est passée de 1,7 % en 2021 à 3,2 % en 2025. La tendance est également observable au Royaume-Uni et aux États-Unis, signe d’un mouvement global visant à renforcer la crédibilité des engagements environnementaux des entreprises.

En France, le cadre juridique s’appuie principalement sur le Code de la consommation et le Code de l’environnement, qui encadrent strictement les pratiques commerciales trompeuses. Les entreprises doivent être en mesure de justifier toute promesse environnementale par des données vérifiables, transparentes et scientifiquement fondées. Les mentions telles que « écologique », « neutre en carbone » ou « respectueux de l’environnement » sont particulièrement surveillées lorsqu’elles ne reposent pas sur des preuves solides.

RSE : mieux contrôler la communication

Pour les entreprises engagées dans des stratégies de responsabilité sociétale, cette évolution marque un tournant. La communication RSE ne peut plus se limiter à un discours d’engagement : elle doit désormais s’appuyer sur des méthodologies robustes, des indicateurs mesurables et une traçabilité claire des données ESG. Les directions RSE sont ainsi de plus en plus sollicitées pour travailler étroitement avec les équipes juridiques, marketing et conformité afin de sécuriser les prises de parole publiques.

La pression ne provient d’ailleurs pas uniquement des régulateurs. Les ONG, les investisseurs et les consommateurs jouent un rôle croissant dans la détection et la dénonciation du greenwashing. Dans ce contexte, les controverses liées à des promesses environnementales jugées trompeuses peuvent rapidement se transformer en risques réputationnels majeurs, susceptibles d’affecter la confiance des parties prenantes.

Pour les entreprises, la réponse passe par un changement de paradigme. Les experts de la conformité ESG soulignent l’importance d’aligner étroitement les engagements climatiques, la stratégie opérationnelle et la communication externe. Autrement dit, la crédibilité des démarches RSE repose désormais autant sur la qualité des actions menées que sur la rigueur des messages diffusés.

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