Une trouvaille scientifique récente sous le parc national de Yellowstone attire l’attention des géologues et du grand public. Des chercheurs de l’Université de Rice à Houston, au Texas, ont mis au jour une calotte magmatique à 3,8 kilomètres de profondeur. Cette découverte jette une lumière nouvelle sur le fonctionnement interne du supervolcan de Yellowstone et ses implications possibles.
La sismologie au service de la découverte
Les scientifiques ont déniché cette calotte magmatique en recourant à des techniques avancées d’imagerie sismique. Ils ont utilisé un camion vibroseis pesant 24 040 kg pour générer des secousses de faible intensité. Ces ondes sismiques ont permis de dresser une carte précise des profondeurs de la caldeira. Grâce à cette technologie, on a pu obtenir des images « super claires » du sommet du réservoir de magma, offrant ainsi un aperçu détaillé de cette structure souterraine complexe.
Les micro-séismes ainsi générés ont révélé que la calotte se compose principalement de silicate fondu et de bulles d’eau logées dans des roches poreuses. Selon Brandon Schmandt, l’un des coauteurs de l’étude parue dans la revue Nature, même si la couche contient une bonne quantité de matières volatiles, les niveaux relevés restent insuffisants pour annoncer une éruption imminente.
La fonction de la calotte magmatique
Cette calotte agit comme un véritable bouchon, emprisonnant la pression et la chaleur qui remontent des profondeurs. On y trouve des matériaux silicatés en fusion et de l’eau supercritique (un gaz ayant dépassé son point critique à 374 degrés Celsius). Ce mécanisme pourrait empêcher, voire limiter, la possibilité d’une éruption de grande ampleur du supervolcan.
Cependant, les bulles d’eau présentes doivent être surveillées de près. Une augmentation notable de ces bulles pourrait, selon certains spécialistes, déclencher une explosion de la caldeira, un phénomène comparé par certains à ce que l’on appelle le « Big One », ce fameux méga-séisme redouté sur la faille de San Andreas.
Où en est la situation et quels risques ?
Pour le moment, rien ne laisse penser que le supervolcan soit sur le point de se réveiller. Les gaz s’échappent plutôt bien grâce à des fissures et des canaux formés entre les cristaux minéraux, un processus décrit par les chercheurs comme une « respiration régulière ». De plus, les nombreuses caractéristiques hydrothermales du parc continuent de libérer des gaz magmatiques.
En 2022, on avait déjà découvert que le réservoir de magma sous Yellowstone était bien plus étendu qu’on ne le croyait. La lave s’y fraye également un chemin à faible profondeur, alimentant ainsi d’anciennes éruptions. Le phénomène de formation des bulles découle du magma qui monte et se décompresse, séparant ainsi des gaz comme l’eau et le dioxyde de carbone.
Une surveillance de tous les instants et des perspectives à venir
La complexité géologique du parc a rendu cette collecte de données particulièrement laborieuse. Les ondes sismiques, en se dispersant, génèrent souvent des signaux un peu bruyants qui ne sont pas simples à interpréter. Néanmoins, des organismes comme l’US Geological Survey (USGS) surveillent ces activités sismiques en étroite collaboration avec les autorités locales, afin de garantir un système d’alerte opérationnel.
Une éruption majeure libérerait d’importantes quantités de cendres et de gaz volcaniques dans l’atmosphère, avec des répercussions durables sur le climat mondial et sur les écosystèmes environnants en raison des super éruption volcanique.
Les populations locales s’inquiètent pour la sécurité et souhaitent que soient établis des plans d’évacuation adaptés, afin de protéger les habitants et de préserver l’économie régionale, largement dépendante du tourisme autour du parc.








