Des experts du climat tirent la sonnette d’alarme : le réchauffement climatique s’accélère de façon inattendue. Selon un nouveau rapport, les températures mondiales montent plus vite que prévu, menaçant de porter la Terre à un réchauffement de +2 °C par rapport aux niveaux préindustriels avant 2050 sans intervention immédiate. Bien plus qu’un simple chiffre, cette situation a des implications profondes pour nos sociétés et nos économies.
Ce que disent les scientifiques aujourd’hui
Le rapport alarmant intitulé « Parasol Lost« , coécrit par l’Institute and Faculty of Actuaries (IFoA) et l’université d’Exeter, met en lumière cette nouvelle réalité. Dr Jesse Abrams, affilié à l’université d’Exeter, souligne que « nous entrons dans une nouvelle réalité, celle d’un monde à 1,5 °C, où des risques physiques intenses menacent désormais les économies, le coût de la vie et les systèmes financiers ». Les projections indiquent que d’ici 2029, les coûts liés au climat pourraient atteindre 126 milliards € en Europe. Les conditions météorologiques extrêmes de l’été 2025, par exemple, ont causé des pertes immédiates d’au moins 43 milliards € sur le continent.
Une des raisons majeures de l’accélération du réchauffement est la disparition progressive du « refroidissement par aérosols », un phénomène connu sous le nom de « parasol caché ». Ces aérosols, issus principalement de la pollution atmosphérique, avaient auparavant un effet de refroidissement de 0,5 °C en renvoyant une partie des rayons solaires dans l’espace. Mais alors que le monde s’efforce de réduire les émissions polluantes pour protéger la santé publique, ce bouclier naturel diminue, exposant des régions, notamment les grandes agglomérations telles que New Delhi, Pékin, et Londres, à des vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses.
Professeure Geeta Persad met en garde : « Selon les trajectoires d’émissions de gaz à effet de serre, les points de bascule pourraient être atteints. » L’étude montre que sans ajustements, une ville pourrait faire face à un maximum de 110 jours de vagues de chaleur en 2080.
Des conséquences économiques et sociales lourdes
Les conséquences de ce réchauffement sont qualifiées de « catastrophes naturelles » par les experts. Elles affectent déjà des systèmes critiques comme l’eau et l’alimentation et entraînent une fragilisation du système financier mondial, avec une inflation liée au climat en hausse. Les institutions financières et les décideurs ont longtemps sous-estimé ces risques, omettant par exemple des éléments comme l’élévation du niveau de la mer et l’acidification des océans dans leurs projections. Un scénario de choc sévère pourrait entraîner une réduction du PIB mondial de 15 à 20 % sur une période de cinq ans.








