Le 3 février 2026, la Chine annonce une avancée technologique et environnementale inédite : la transformation du désert du Taklamakan en une immense ferme aquacole, relaye le magazine Science et Vie. C’est une nouvelle qui bouleverse les perspectives économiques et environnementales non seulement pour la région, mais aussi pour le pays tout entier. Ce projet titanesque s’inscrit dans une stratégie nationale visant à renforcer l’intégration alimentaire de la Chine, en faisant de ce lieu réputé pour sa stérilité, un centre de production aquatique.
Le Taklamakan, un désert longtemps évité
Le désert du Taklamakan, situé dans le Xinjiang, est connu pour ses conditions climatiques extrêmement rudes. Ce vaste espace de plus de 300 000 km² a longtemps été surnommé la « mer de la mort » à cause de son aridité et des précipitations annuelles inférieures à 100 mm. Malgré ces conditions, la Chine y a vu une opportunité. En exploitant le bassin du Tarim, alimenté par les glaciers, elle a créé un modèle de développement qui pourrait s’étendre à d’autres zones similaires du globe grâce à des micro-organismes.
Historiquement, ce désert a toujours été un lieu évité par les hommes, notamment par les marchands de la route de la soie. Ses sables mouvants et son climat impitoyable en ont fait un symbole d’hostilité environnementale. Son nom, d’origine ouïghoure, signifie littéralement « un lieu dont on ne revient pas », soulignant ainsi sa réputation redoutable.
Une stratégie ambitieuse
Avec pour ambition de renforcer son autonomie alimentaire, la Chine a mis au point un projet de ferme aquacole révolutionnaire. En utilisant des technologies ultra modernes, les ingénieurs chinois ont construit des systèmes de recirculation sophistiqués permettant la gestion thermique et le traitement chimique de l’eau. Ces installations, qui s’étendent à perte de vue, servent à élever des espèces comme :
- le mérou
- la crevette vanamei
- le pompano doré
- le mulet
- les homards
- et même des huîtres perlières
En 2024, la production a déjà atteint 196 500 tonnes, illustrant le potentiel colossal de cette initiative.
Les installations incluent une récupération des eaux salines des nappes phréatiques et un traitement spécifique pour simuler l’environnement marin. Des ajustements constants du pH et de la salinité, combinés à une surveillance thermique permanente, assurent des conditions de vie optimales pour les espèces élevées, tout en influençant le cycle de l’eau. Cette méthode s’étend rapidement à d’autres comtés et pourrait bien révolutionner l’aquaculture dans d’autres régions arides du monde.
Les défis environnementaux
Le projet, malgré son potentiel et son ambition, pose de sérieux défis environnementaux, similaires à ceux soulevés par le forage de 10 000 mètres dans la même région. Le pompage intensif des nappes phréatiques, déjà peu renouvelables, pourrait entraîner une hausse de la salinisation des sols et un épuisement rapide des ressources en eau. Des risques de pollution invisible menacent d’affecter durablement ces nappes, tandis que le changement climatique, avec ses sécheresses prolongées, pourrait aggraver cette vulnérabilité.
Toutefois, la Chine voit dans ce vaste chantier une réponse stratégique à sa dépendance aux importations de produits de la mer. L’objectif est de pouvoir fournir des produits de la mer frais aux populations locales, tout en créant ce que certains décrivent comme une « mer intérieure artificielle », semblable aux îles artificielles en mer de Chine méridionale.








