Un geste fort, mais discret : un des plus puissants véhicules financiers mondiaux rompt avec des entreprises israéliennes, au nom de l’éthique et sous la pression d’une crise humanitaire grandissante.
Un grand fonds d’investissement se désengage d’Israël dans un contexte de préoccupations éthiques
Le Fonds souverain norvégien, officiellement le Government Pension Fund Global, géré par Norges Bank Investment Management, a annoncé, le 11 août 2025, sa décision de se désengager de certaines entreprises israéliennes, dans un contexte de crise humanitaire grave à Gaza. Cette démarche marque un moment audacieux de l’investissement responsable, élevé au rang de priorité nationale.
Le Fonds souverain norvégien a cessé tous les contrats avec des gestionnaires d’actifs externes en Israël et repris intégralement la gestion en interne. Une décision marquée par une ambition éthique : répondre à une situation de conflit grave. Comme l’a expliqué Nicolai Tangen, le PDG de Norges Bank Investment Management : « Ces mesures ont été prises en réponse à des circonstances extraordinaires. La situation à Gaza est une crise humanitaire grave ».
Sur les 61 participations détenues en Israël au 30 juin 2025, 11 ont été intégralement cédées. Cela représente environ 2 milliards de dollars, soit 0,1% du portefeuille total du Fonds souverain norvégien. Ce geste, mesure éthique autant que politique, survient dans un climat électoral norvégien tendu.
Une réponse institutionnelle à une crise morale
Il faut savoir que le conseil éthique du fonds a reconnu un manquement dans sa vigilance, notamment vis-à-vis de Bet Shemesh Engines Ltd (fournisseur de l’armée israélienne), société dans laquelle le fonds avait investi environ 15 millions de dollars fin 2024. En réponse, une révision en profondeur a été engagée, avec une évaluation plus stricte des méthodes de gestion et des risques éthiques liés aux zones de conflit.
Cette décision s’inscrit dans la logique de responsabilité sociale des entreprises (RSE), chère à la Norvège : le fonds a précédemment exclu des entreprises liées à l’armement ou aux territoires occupés. Ici, le désengagement répond à une logique similaire : réduire les risques éthiques, respecter les droits humains et éviter tout financement indirect d’un conflit. Ce désengagement du fonds souverain norvégien n’est pas seulement un ajustement financier : c’est un acte politique, une réponse mesurée mais ferme à une crise humanitaire.








