Les enjeux environnementaux d’aujourd’hui pourraient provoquer des conséquences catastrophiques, sur le plan économique comme social, si rien n’est fait rapidement. Un rapport alarmant, intitulé « L’insolvabilité planétaire », publié par Institut et de la Faculté des actuaires (IFoA) du Royaume-Uni et l’Université Anglia Ruskin (ARU), alerte : la planète file vers une défaillance de sa « solvabilité planétaire ». Autrement dit, la Terre pourrait être incapable d’honorer ses « dettes » écologiques à long terme, ce qui menace l’économie mondiale dans son ensemble.
Comprendre la solvabilité planétaire
La solvabilité, pour une entité financière, se juge sur sa capacité à payer ses dettes sur le long terme. Appliquée à la Terre, l’idée présente la Nature comme un actif fondamental qui fournit des services écologiques vitaux, comme l’eau potable, la pollinisation et la régulation du climat. Si ces écosystèmes sont surexploités, par des retraits comme la déforestation, la pollution et la surpêche, on risque d’arriver à une « insolvabilité planétaire » où la Nature ne pourra plus soutenir l’économie.
Les chercheurs de l’IFoA et de l’ARU notent que depuis des années les déforestations et les pollutions dépassent les efforts de conservation et de restauration. Certains points de bascule, c’est‑à‑dire des seuils écologiques critiques, ont déjà été franchis, notamment pour les récifs coralliens d’eaux chaudes et les glaciers. C’est un signal d’alerte sérieux pour le système alimentaire mondial, dont les chaînes d’approvisionnement apparaissent fragiles face à ce déséquilibre.
Les menaces et conséquences pour l’économie
Plusieurs menaces aux dimensions mêlées accentuent le déséquilibre : les crises géopolitiques, climatiques et celles de la biodiversité. Ensemble, elles perturbent notre système alimentaire mondial et peuvent conduire à un effondrement économique et social. Par exemple, le déclin des pollinisateurs est d’une grande importance, puisqu’ils jouent un rôle déterminant pour 75 % des cultures mondiales.
Le rapport avance que le PIB mondial pourrait perdre jusqu’à 50 % entre 2070 et 2090 si la dégradation se poursuit. Cela se traduirait non seulement par une perte de biodiversité renforcée, mais aussi par une inflation structurelle élevée et des risques majeurs pour la stabilité alimentaire mondiale.
Que faire pour préserver l’équilibre écologique
Face à ces prévisions alarmantes, plusieurs mesures préventives sont proposées. Les recommandations incluent des investissements dans l’utilisation durable des terres, la protection des pollinisateurs et le renforcement des chaînes d’approvisionnement. Agir en amont est souvent moins coûteux que subir et gérer la crise ensuite. Il faut reconnaître le rôle central de la Nature dans nos processus économiques et utiliser des « scénarios climat-nature » pour mieux comprendre l’interdépendance entre biodiversité et climat.
Intégrer biodiversité et changement climatique dans la finance devient indispensable. Comme le dit Sandy Trust de l’IFoA : « Nous devons intégrer la biodiversité et le changement climatique dans nos décisions financières afin d’aligner nos portefeuilles financiers sur les limites planétaires. »
Le mouvement est déjà engagé dans certaines zones géographiques, telles que l’Amazonie, et au niveau de grandes étendues glaciaires qui approchent des seuils de bascule. Des mesures fortes doivent être prises pour réaligner les portefeuilles financiers sur des limites planétaires et garantir la solvabilité à long terme.








