Il y a 43 ans, des scientifiques ont lâché des gophers sur un volcan dévasté : ce que ces rongeurs ont accompli défie toutes les prédictions

Une expérience étonnante sur le mont St. Helens révèle comment des gaufres, ces rongeurs insoupçonnés, ont transformé un paysage dévasté en un écosystème florissant.

Publié le
Lecture : 2 min
Il y a 43 ans, des scientifiques ont lâché des gophers sur un volcan dévasté : ce que ces rongeurs ont accompli défie toutes les prédictions
Il y a 43 ans, des scientifiques ont lâché des gophers sur un volcan dévasté : ce que ces rongeurs ont accompli défie toutes les prédictions © RSE Magazine

En mai 1980, le mont St. Helens a vécu ce que beaucoup considèrent comme « l’événement volcanique le plus destructeur de l’histoire américaine ». Cette éruption a tué 57 personnes et transformé le paysage verdoyant de la montagne en un vaste champ de dalles de pouzzolane, une situation qui semblait poser de sérieux obstacles à la reprise de la vie. Pourtant, c’est dans ce décor désolé que la science a trouvé une alliée inattendue : le gaufre fouisseur.

L’expérience de mai 1983

Trois ans après l’éruption, en mai 1983, des scientifiques ont tenté quelque chose d’osé : ils ont introduit des gaufres sur le site ravagé. Ils ont installé ces rongeurs sur deux parcelles bien précises de dalles de ponce. Au départ, ces zones n’avaient « environ une douzaine » de plantes éparses. L’idée était simple : laisser les gaufres creuser pendant « une seule journée » pour voir si cela pouvait favoriser la régénération.

Michael Allen, microbiologiste à UC Riverside, explique que le raisonnement derrière cette méthode était que ces petits animaux mettraient à la surface un sol plus ancien, riche en bactéries et champignons bénéfiques. Selon lui, « en creusant, ils amèneraient le vieux sol à la surface, là où la récupération pourrait se produire » cite Popular Mechanics.

Ce que font les micro-organismes

Derrière l’expérience se trouvait une hypothèse scientifique déterminante : l’activité de creusement des gaufres ferait remonter des micro-organismes à la surface, favorisant le redémarrage de l’écosystème, similaire au transfert génétique qui a permis l’adaptation des plantes terrestres. Les champignons mycorhiziens, stimulés par cette communauté microbienne, aident les plantes à accéder aux nutriments et à mieux les retenir. Emma Aronson, co-auteure de l’étude récente publiée dans Frontiers, souligne que ces champignons ont permis aux arbres de profiter des nutriments des « aiguilles tombées », ce qui a accéléré leur croissance.

La relation symbiotique qui s’est installée a donné des résultats très marquants : six ans après le passage des gaufres, les parcelles traitées comptaient « 40 000 plantes », alors que les zones non traitées restaient quasiment stériles. La reprise observée sur ces parcelles atteste de l’importance de la dimension microbienne dans les processus de régénération écologique.

Ce qui reste 43 ans plus tard

Quarante-trois ans après l’éruption et les interventions subversives de mai 1983, les effets positifs liés à la présence des gaufres sont toujours visibles. Une étude récente montre que les communautés microbiennes favorisées à l’époque persistent, confirmant le rôle des interactions au sein de l’écosystème reconstitué. Mia Maltz, mycologue à l’Université du Connecticut, rappelle : « Nous ne pouvons pas ignorer l’interdépendance de toutes choses dans la nature, surtout les choses que nous ne pouvons pas voir comme les microbes et les champignons. »

Laisser un commentaire