Le moral des salariés français demeure mitigé, mais les écarts entre femmes et hommes persistent dans le travail. Le dernier baromètre de l’UNSA révèle une perception nettement plus pessimiste des femmes sur leur emploi, leur carrière et leur rémunération. Une photographie sociale qui éclaire les défis encore nombreux pour les politiques d’égalité dans les entreprises.
Un moral au travail moyen en France
Publié début mars 2026, le baromètre de l’UNSA consacré au moral des salariés dresse un constat nuancé du travail en France. L’indice global atteint 5,6 sur 10, signe d’un climat social jugé simplement moyen selon l’organisation syndicale, dans son analyse publiée le 5 mars 2026. « C’est un moral toujours moyen avec de fortes disparités de genre qui émerge de l’indice UNSA du moral des salariés du mois de mars », indique l’UNSA dans cette étude fondée sur une enquête réalisée par l’institut Cluster17 sur un échantillon de 3 159 salariés.
Premier enseignement : la satisfaction reste limitée sur plusieurs aspects du travail. La rémunération notamment demeure un point sensible. La satisfaction salariale n’atteint que 4,5 sur 10, toujours selon le baromètre de l’UNSA publié le 5 mars 2026. Mais l’analyse révèle surtout une fracture nette entre les sexes dans la perception du monde professionnel. Les hommes apparaissent globalement plus confiants que les femmes dans leur situation professionnelle et dans leur avenir.
Le travail vu différemment selon le genre
Dans les résultats de l’enquête, les femmes expriment un rapport au travail plus marqué par le doute ou l’insatisfaction. Les écarts de perception concernent de nombreux aspects du quotidien professionnel. L’UNSA souligne ainsi que « les hommes se déclarent plus optimistes que les femmes sur presque toutes les dimensions ».
Cette différence d’appréciation concerne notamment : le niveau de motivation au travail, la perception de l’utilité de son activité, les perspectives de carrière ou encore la capacité à concilier vie professionnelle et vie personnelle. Les hommes se montrent également plus confiants sur leur salaire et sur l’avenir de leur métier.
Dans une perspective de responsabilité sociétale des entreprises, cette dimension est devenue centrale. Les organisations sont désormais attendues non seulement sur la réduction des écarts de salaire mais aussi sur la qualité de vie au travail et l’inclusion.
Inégalités au travail : perceptions contrastées des salariés
Autre enseignement du baromètre : la perception des inégalités reste contrastée parmi les salariés.
Une large majorité estime que les rémunérations sont équivalentes entre femmes et hommes à qualifications égales. Selon l’enquête de l’UNSA, 81 % des salariés pensent que les femmes et les hommes sont payés de la même manière pour un poste équivalent. Cependant, une partie non négligeable de la population active considère toujours que les écarts existent. Le sentiment d’inégalité apparaît encore plus clairement lorsqu’il s’agit du vécu au travail. 24 % des salariés déclarent qu’il est plus difficile d’être une femme sur leur lieu de travail.
Cette perception rejoint une réalité régulièrement documentée par les études sur l’égalité professionnelle. Les écarts ne se limitent pas aux salaires. Ils concernent également l’accès aux responsabilités, les promotions ou encore les conditions d’exercice de certains métiers.
La législation française tente depuis plusieurs années de réduire ces déséquilibres. Les entreprises de plus de 50 salariés doivent par exemple publier chaque année leur index de l’égalité professionnelle et transmettre leurs résultats aux autorités et aux représentants du personnel Les organisations de plus de 1 000 salariés doivent également publier les écarts de représentation entre femmes et hommes parmi les cadres dirigeants et les instances de direction.
Les priorités pour améliorer le travail des femmes dans les entreprises
Le baromètre met également en lumière les attentes des salariés pour améliorer l’égalité dans le travail. Plusieurs priorités émergent clairement. La conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle arrive en tête des préoccupations. 89 % des salariés considèrent ce sujet comme une priorité.
L’égalité salariale reste un enjeu central. 86 % des répondants jugent indispensable d’agir sur ce point, toujours selon le baromètre. La prévention des violences sexistes et sexuelles dans le travail constitue également un axe majeur. 85 % des salariés considèrent qu’il s’agit d’un levier important pour améliorer l’égalité professionnelle, selon l’étude. Enfin, la santé au travail des femmes apparaît comme un sujet de plus en plus reconnu. 79 % des répondants estiment qu’il faut renforcer les politiques dans ce domaine, indique le baromètre de l’UNSA. Dans ce contexte, certaines mesures spécifiques restent cependant plus débattues. Le congé menstruel, par exemple, divise davantage les salariés. 52 % des personnes interrogées y sont favorables, selon les résultats de l’enquête.
L’UNSA insiste néanmoins sur la nécessité d’actions concrètes. « Les priorités pour améliorer l’égalité femmes-hommes au travail doivent aller vers l’égalité salariale, l’articulation vie professionnelle et vie personnelle, la prévention des violences sexistes et sexuelles et la santé au travail des femmes ».








