À 18 ans seulement, Matteo Paz, lycéen californien, a réalisé une prouesse qui fait parler la communauté scientifique. En analysant d’anciennes données de la NASA avec un algorithme d’intelligence artificielle qu’il a développé lui‑même, il a retrouvé près de 1,5 million d’objets célestes jusque-là inconnus, rapporte Futura Sciences. Cette avancée remet en question notre façon d’explorer le ciel et montre le potentiel des jeunes talents.
Un jeune prodige en astronomie
Matteo Paz est élève en terminale à Pasadena High School (Californie). Il a attiré l’attention des chercheurs en exploitant de manière nouvelle les archives du télescope NEOWISE de la NASA (anciennement WISE). Lancé en 2009 pour observer le ciel en infrarouge, ce télescope a accumulé au fil des ans quelque 200 milliards de lignes de données.
L’été 2022, Matteo a participé au Planet Finder Academy, où des conférences en astronomie l’ont poussé à dépasser les méthodes classiques, tout comme la Parker Solar Probe qui explore le Soleil. Désireux d’automatiser le traitement de ces énormes ensembles de données souvent laissés de côté par des spécialistes débordés, il a écarté l’idée d’un dépouillement manuel. « Je n’avais pas prévu de fouiller les données à la main », affirme-t-il.
Son mentor, Davy Kirkpatrick, scientifique au Caltech et responsable de l’Infrared Processing and Analysis Center (IPAC), soutenait cette voie : « On avait besoin de méthodes intelligentes pour débloquer ce trésor. »
Son algorithme qui a tout changé
Matteo a conçu un réseau neuronal convolutionnel, un type d’IA entraîné sur des milliers d’images sélectionnées manuellement, permettant d’isoler des objets célestes comme les Petits Points Rouges noyés dans le bruit infrarouge des données NEOWISE.
Grâce à sa méthode, Matteo a traité 20 millions d’images couvrant un tiers du ciel et identifié 1,5 million de sources inédites, tout comme la découverte d’une nouvelle lune autour d’Uranus, dont 57 astéroïdes potentiels et 2 comètes. Sa solution affiche une performance 100 fois supérieure aux pipelines traditionnels.
Les résultats ont été validés par la NASA et publiés dans The Astronomical Journal, les découvertes étant ajoutées au catalogue officiel de l’agence spatiale.
Et maintenant, quel avenir ?
Son travail lui a valu le troisième prix au Regeneron Science Talent Search, accompagné d’un prix de 115 000 € et d’une finale à Washington, soulignant l’étendue de ses trouvailles. Matteo se prépare maintenant à intégrer le Caltech pour poursuivre des études en astronomie.
La raison pour laquelle ces objets avaient échappé aux détections précédentes tient souvent à leur faible luminosité ou à leur proximité, qui les rendent difficiles à repérer avec des outils classiques. Matteo estime que son algorithme a permis de « surpasser des années d’efforts professionnels », une performance remarquable pour un lycéen passionné par les étoiles.








