« Un nouveau volcan est né » : ce qui se passe vraiment au large de Mayotte

La découverte d’un volcan sous-marin à Mayotte bouleverse notre vision des phénomènes géologiques.

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« Un nouveau volcan est né » : ce qui se passe vraiment au large de Mayotte
« Un nouveau volcan est né » : ce qui se passe vraiment au large de Mayotte © RSE Magazine

La mise au jour d’un volcan sous-marin en formation, baptisé Fani Maoré, au large de l’île de Mayotte représente un vrai tournant dans notre compréhension des phénomènes géologiques de la région, tout comme la découverte de boue bleue volcanique dans le Pacifique. Situé à 50 km à l’est de Mayotte et à une profondeur de 3 500 mètres, ce volcan a déjà atteint 800 mètres de hauteur et sa base s’étend sur 4 à 5 km de diamètre, confirme le site du BRGM. Ce phénomène, amorcé en 2018, s’est accompagné d’une intense activité sismique qui a secoué l’archipel.

Des secousses qui se succèdent depuis 2018

Depuis le 10 mai 2018, plus de 1 800 séismes de magnitude supérieure à 3,5 ont été enregistrés autour de Mayotte. Parmi ces secousses, la plus violente jamais relevée dans la zone des Comores a particulièrement marqué les esprits. Les spécialistes expliquent ce tumulte par un enchevêtrement de mouvements tectoniques et d’éruptions volcaniques, similaires à l’activité magmatique persistante observée dans le Massif Central. L’année 2018 a ainsi été marquée par une série de tremblements de terre qui se sont étalés sur plusieurs mois.

Parallèlement, les chercheurs ont repéré une importante poche de magma liquide située à 23 km sous l’île française. Ce réservoir impressionnant contient environ 200 km³ de magma liquide, soit plus de 40 % du volume total du réservoir. Cette découverte, faite sept ans après le début du phénomène sous-marin, soulève des questions majeures sur les risques potentiels pour Mayotte et ses habitants.

Études scientifiques et découvertes géologiques

Les travaux menés par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) ainsi que par les universités d’Orléans et de Bretagne Occidentale ont permis de mettre en lumière ces découvertes impressionnantes. Grâce à des analyses électromagnétiques pointues, les chercheurs ont pu modéliser la matière en fusion présente dans la croûte terrestre et ont même mis au jour un second réservoir magmatique, plus petit et moins profond.

Le BRGM occupe un rôle déterminant dans la gestion de cette agitation sismique en participant activement aux campagnes d’observation et en perfectionnant sans cesse les outils de mesure et d’analyse des données sismologiques. Depuis mars 2019, des instruments spécialisés ont été installés sur l’île pour mieux appréhender ces phénomènes naturels.

Expéditions en mer et suivi des secousses

Entre le 6 et le 15 mai 2019, le navire Marion-Dufresne, piloté par l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP), a mené une opération océanographique d’envergure. Par ailleurs, le BRGM assure le suivi sismologique au quotidien grâce à trois stations installées sur l’île. Ces équipements permettent non seulement une surveillance continue, mais également la transmission régulière d’informations aux autorités locales via des points de contact envoyés à la préfecture.

Cette situation particulière devrait attirer des volcanologues du monde entier désireux d’étudier ce nouveau volcan sous-marin, tout en offrant des opportunités d’explorer la biodiversité marine unique de la région. Mieux comprendre les mécanismes en jeu et les dangers potentiels pour Mayotte et ses habitants reste une priorité.

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