Abandonnées sur une île déserte, ces vaches ont survécu seules pendant 130 ans

L’île Amsterdam, avec ses bovins uniques, soulève des questions cruciales sur la conservation.

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Abandonnées sur une île déserte, ces vaches ont survécu seules pendant 130 ans
Abandonnées sur une île déserte, ces vaches ont survécu seules pendant 130 ans © RSE Magazine

Située à 4 440 km au sud-est de Madagascar, l’île Amsterdam est une terre bien isolée, balayée par un climat océanique tempéré. Elle est réputée pour ses vents forts et violents ainsi que pour ses fréquentes averses, ce qui lui confère un environnement rude, sans points d’abreuvement fixes. Depuis 1949, on y trouve la base scientifique Martin-de-Viviès et, en 2006, l’île a intégré la réserve naturelle nationale des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) tout en gagnant une place sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Les bovins d’Amsterdam : d’où ils viennent et comment ils ont évolué

L’histoire des bovins sur l’île remonte à la fin du XIXe siècle. En 1871, un fermier du nom de Heurtin, originaire de La Réunion, a laissé cinq ou six bovins sur place. Même si ces animaux ont déserté l’île après seulement quelques mois à cause des conditions difficiles, ils ont réussi à se multiplier pour atteindre presque 2 000 individus au fil des décennies. Bien que cette population se soit fortement reproduite entre parents proches, aucune mutation vraiment néfaste n’a vraiment été observée.

Des études génétiques réalisées avec du matériel prélevé en 1992 et en 2006 ont montré que ces bovins descendaient principalement de deux lignées distinctes : 75 % ressemblaient aux taurins européens actuels, comme les jersiais, et les 25 % restaient liés aux zébus de l’océan Indien. Même si leur nombre avait brièvement fléchi à la fin du XIXe siècle, aucune diminution notable de leur taille n’a été constatée.

Vie en groupe et organisation sociale

Les bovins d’Amsterdam se comportaient un peu comme des bovins sauvages, avec une organisation sociale bien établie. Leur comportement, parfois plutôt méfiant, se traduisait par des groupes à dominante matrilinéaire, composés principalement de femelles et de jeunes mâles. Les mâles adultes ou presque adultes se regroupaient en bandes à part, tandis que des groupes mixtes se formaient dès le début de la saison de reproduction.

Suppression des bovins : questions écologiques et réflexions éthiques

En 2010, on a décidé de supprimer totalement la population bovine, car elle était perçue comme une menace pour l’équilibre de l’écosystème insulaire fragile, en particulier pour le Phylica arborea et l’albatros d’Amsterdam (Diomedea amsterdamensis). Avant d’en arriver là, plusieurs mesures avaient été envisagées pour limiter leur nombre :

  • le cheptel avait été réduit à environ 1 000 têtes en 1988 puis à 500 en 1993,
  • des clôtures avaient été érigées pour essayer de freiner leur influence sur l’environnement.

Cependant, certains services rendus par ces animaux n’ont pas été pris en compte, comme le débroussaillement naturel ou le rôle de barrière contre les feux. D’ailleurs, un incendie a éclaté sur l’île au début de l’année suivante. Par ailleurs, en 2024, des mesures ont été mises en place pour contrôler d’autres espèces envahissantes présentes sur l’île, notamment les rongeurs et les chats.

Penser la conservation autrement

Aujourd’hui, la question se pose sur la préservation du patrimoine génétique unique issu de ces populations, avant de décider de nouvelles mesures de gestion. C’est pourquoi il est devenu nécessaire de collecter régulièrement des échantillons biologiques (pour garder une trace de cet héritage génétique précieux).

1 réflexion au sujet de « Abandonnées sur une île déserte, ces vaches ont survécu seules pendant 130 ans »

  1. Et que sont devenues les carcasses des bovins tués, bonjour l’écologie c’est une honte, moi je sais ce qu’elles sont devenues ,honteux. Sous prétexte de quoi ces animaux ont été massacrés, ils mangeaient le phylica, c’est faux et les albatros, tient donc les bovins étaient devenus carnivores,et depuis de nombreux incendies ( provoqués par les scientifiques. BBQ) ravagent l’île, sous ces latitudes ce n’est pas le soleil qui met le feu. Encore une connerie de nos têtes pensantes.

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