Ils boivent l’eau des nuages : la solution hallucinante de villages marocains pour survivre

Saviez-vous qu’un système au Maroc capte 37 000 litres d’eau par jour depuis la brume ?

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Ils boivent l’eau des nuages : la solution hallucinante de villages marocains pour survivre
Ils boivent l’eau des nuages : la solution hallucinante de villages marocains pour survivre © RSE Magazine

Alors que la pénurie d’eau inquiète la planète, le Maroc se démarque avec une initiative inventée qui pourrait bien donner des idées à d’autres régions. Aux portes du Sahara, sur le Mont Boutmezguida, un système astucieux capte l’eau de la brume pour fournir de l’eau potable à plusieurs villages. Cette technologie verte et économique attire l’attention, aussi bien localement qu’à l’international.

Un système ingénieux et vert

Situé à 1 225 mètres d’altitude entre Essaouira et Sidi Ifni, le Mont Boutmezguida offre les conditions idéales pour installer des filets en polyéthylène qui attrapent l’humidité de la brume. Ces filets profitent des courants atmosphériques (influencés par l’anticyclone des Açores et le courant des Canaries) pour faire son petit effet. Le principe est simple : quand les nuages passent, de petites gouttes se forment et sont dirigées vers un réservoir de stockage. Chaque jour, ce dispositif permet de récolter environ 37 000 litres d’eau, suffisant pour les besoins quotidiens d’environ 1 000 personnes.

L’association Dar Si Hmad, basée à Sidi Ifni, est au cœur du projet. L’eau recueillie est mélangée à 30 % d’eau souterraine (afin de l’enrichir en minéraux) avant d’être distribuée aux habitants via des citernes. Salah, un membre de l’association, explique dans Le Parisien : « Nous avons pu alimenter cinq villages, soit 400 foyers. Et grâce aux canalisations construites, les villageois bénéficient désormais de l’eau courante chez eux. »

Vers une extension prometteuse

Fort du succès de ce projet pilote, les responsables marocains projettent d’étendre le système pour multiplier par quatre la collecte dans la région. Un ajout de 1 700 m² de filets est planifié pour atteindre une capacité quotidienne de 37 400 litres. Ce renforcement permettra d’approvisionner huit villages de plus et pourrait même soutenir l’irrigation pour développer l’agriculture locale.

D’autres projets sont en gestation, dont l’installation de 5 000 m² de filets sur le sommet de Tabttist, capables de capter 18 % d’eau supplémentaire par rapport à ceux déjà en place à Boutmezguida. Cette initiative a valu à l’association Dar Si Hmad une reconnaissance internationale, notamment avec le prix Elan des Nations unies pour le changement climatique lors de la COP22 à Marrakech.

Un exemple à suivre pour le monde

Ce projet marocain attire de plus en plus l’attention de chercheurs et d’élus internationaux qui veulent s’inspirer de ce dispositif. Des pays comme le Pérou, les États-Unis, l’Afrique du Sud, la Chine et la Tanzanie utilisent déjà des technologies similaires pour récupérer l’humidité de l’air. Même les îles Canaries ont adopté cette méthode pour leurs projets agricoles et de reboisement, grâce à un financement européen.

Le Chili envisage aussi d’élargir ses dispositifs existants, profitant de ses conditions climatiques favorables près de la mer et des montagnes.

Une tech verte face aux défis environnementaux

Cette technique de capture de brume offre plusieurs avantages intéressants : elle ne demande aucune énergie supplémentaire et s’intègre naturellement dans l’environnement, sans créer les polémiques souvent associées aux panneaux solaires ou aux éoliennes. Toutefois, son efficacité se mesure en fonction des conditions locales (par exemple, la présence régulière de brouillard et un vent modéré mais suffisant).

Si elle ne peut pas s’appliquer partout, cette solution représente quand même une contribution appréciable pour lutter contre les pénuries d’eau dans le monde. Jamila Bargach le rappelle en disant : « Notre but est de mêler la recherche avec les connaissances et savoir-faire traditionnels ».

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