Un jury de l’État du Dakota du Nord vient de rendre une décision qui secoue le monde de l’environnement. Greenpeace, l’ONG connue pour ses actions écologiques, doit désormais verser plus de 665 millions de dollars au groupe Energy Transfer. Le verdict, rendu le mercredi 19 mars 2025, enflamme les esprits et pose la question de la liberté de s’exprimer et de manifester.
Un jugement aux retombées importantes
Le tribunal a jugé Greenpeace responsable de la plupart des accusations portées par Energy Transfer. Les chefs d’accusation portaient sur des faits de diffamation et l’incitation à la violence durant les manifestations contre le Dakota Access Pipeline entre 2016 et 2017. Ces événements, auxquels participait activement la tribu Sioux de Standing Rock, avaient conduit à des centaines d’arrestations et plusieurs blessés. Ce projet d’oléoduc, relancé sous l’administration de Donald Trump, avait exacerbé les tensions.
Greenpeace a dénoncé cette procédure comme étant abusive, affirmant qu’elle avait pour but de « faire taire » l’organisation. Sushma Raman, de Greenpeace USA, a réagi en déclarant à l’AFP : « Vous ne pouvez pas mettre en faillite un mouvement. » De son côté, Kristin Casper, de Greenpeace International, a insisté sur le fait que l’ONG ne plierait pas devant cette décision : « Energy Transfer n’a pas fini d’entendre parler de nous. »
https://x.com/greenpeaceusa/status/1902518498875904286
Les réactions dans le monde associatif
Cette condamnation a provoqué une levée de boucliers chez les associations environnementales et celles qui défendent les droits humains. Le Réseau action climat (CAN) international a qualifié cette affaire « d’attaque sinistre de ‘Big Oil’ contre la liberté de parole et les manifestations pacifiques ». Transparency International n’a pas hésité à pointer du doigt la procédure judiciaire, la jugeant « inconcevable ».
Sur le plan juridique, Michael Burger, chercheur en droit à l’université Columbia, a décrit ce jugement comme « dangereux et potentiellement préjudiciable » (c’est-à-dire que cela pourrait freiner les actions des mouvements contestataires). Son collègue, Michael Gerrard, s’inquiète également et avertit que cette décision pourrait décourager de futures manifestations légales.
Un appel en préparation
Face à cette sanction financière et symbolique, Greenpeace annonce qu’elle va faire appel du jugement. L’ONG ne compte surtout pas se laisser abattre par cette décision qu’elle juge injuste. En parallèle, Greenpeace a déposé une plainte contre Energy Transfer devant un tribunal des Pays-Bas pour contester ces accusations qu’elle réfute catégoriquement.
Ce n’est pas la première fois qu’Energy Transfer se lance dans des procédures judiciaires contre Greenpeace. En 2019, une première plainte avait déjà été rejetée par la justice fédérale. Pourtant, Energy Transfer n’a pas hésité à engager cette nouvelle action judiciaire, réclamant plusieurs centaines de millions pour compenser le supposé préjudice.








