Un groupe de chercheurs internationaux a récemment dévoilé une trouvaille qui fait froid dans le dos : des signes clairs de l’intervention humaine ont été repérés à plus de 5 100 mètres sous la surface dans la mer Méditerranée. Cette observation, publiée dans le Marine Pollution Bulletin, démontre que la pollution causée par l’homme s’est immiscée jusque dans les coins les plus reculés de notre planète. Même si le Calypso Deep, en plein cœur de la mer Ionienne, reste le point le plus profond connu de la Méditerranée, il apparaît désormais que ces abysses ne sont pas à l’abri de notre présence.
Exploration du calypso deep
Le Calypso Deep est localisé à 5 112 mètres sous le niveau de la mer, dans la fosse hellénique au large de la Grèce, à environ 60 kilomètres à l’ouest du Péloponnèse. On ne s’y est jamais vraiment penché, en raison des conditions extrêmes qui règnent là-bas. L’endroit se distingue par des pentes abruptes et un fond plat, offrant un décor vraiment particulier. Pour préciser, la zone interne de la fosse s’étend sur environ 20 km sur 5 km et est bordée de failles actives.
Pour la première fois, un submersible habité s’est aventuré dans ces profondeurs pour une mission scientifique. L’expédition internationale a fait appel au Limiting Factor – un submersible en titane imaginé par Triton Submarines pour résister aux pressions extrêmes des abîmes. Capable d’accueillir deux passagers, il a glissé à environ 1,8 kilomètre par heure pendant une inspection de 43 minutes, couvrant ainsi près de 650 mètres en ligne droite.
Déchets découverts
Les chercheurs ont dénombré 167 pièces de débris, dont 148 clairement d’origine artificielle. On y a retrouvé notamment des sacs en plastique, du verre, des morceaux de métal et des objets en papier. Ces détritus étaient partiellement enfouis ou coincés dans les sédiments marins, et leur disposition presque en ligne droite laisse penser à un déversement volontaire depuis un bateau. Par ailleurs, il semble que des courants océaniques aient acheminé certains déchets depuis des sources terrestres jusque dans cette fosse isolée.
Le professeur Miquel Canals a expliqué : « Nous avons aussi trouvé des indices indiquant que des bateaux auraient déversé des sacs remplis de déchets, comme en témoigne l’accumulation de différents types de détritus suivie d’un sillon presque rectiligne. ». Ce constat montre qu’il faut se bouger pour freiner la pollution des océans.
Effets écologiques et conséquences environnementales
La densité des déchets relevée au Calypso Deep figure parmi les plus importantes jamais observées dans un milieu marin en profondeur. Les plastiques représentent 88 % des objets identifiés, et ils se désagrègent en microplastiques qui se mélangent aux sédiments et pénètrent potentiellement les chaînes alimentaires marines. Même si on n’a pas observé beaucoup d’espèces ici – comme le poisson Coryphaenoides mediterraneus et la crevette Acanthephyra eximia – la pollution plastique pèse lourdement sur cet écosystème fragile.
La configuration fermée du Calypso Trench retient bien les matériaux d’origine humaine qui y tombent, situation aggravée par des courants faibles mesurant environ deux centimètres par seconde. On considère souvent l’océan comme le dernier refuge des polluants terrestres, mais cette étude montre qu’aucun recoin n’est fait pour échapper aux déchets que nous rejetons.
Face à ce tableau inquiétant, il est temps de se retrousser les manches pour préserver nos océans. Une surveillance coordonnée qui englobe même les zones abyssales est indispensable pour réduire la quantité de détritus qui s’accumulent. Il faut lancer, sans délais, des politiques globales qui visent à diminuer les déchets en mer.
Comme l’a souligné Canals : « Malheureusement, en Méditerranée, il ne serait pas exagéré de dire qu’il n’y a pas un seul centimètre qui soit propre. ». Sensibiliser le public et modifier nos habitudes de consommation sont des leviers nécessaires pour sauvegarder ces habitats marins uniques.









Super découverte, mais faut pas oublier qu’il y a des endroits où il y a pas besoin de plonger à 5100 m pour trouver des déchets plastiques, il y a des coreaux envahi de plastiques, des filets de pêche qui captures des plastiques et des poissons et etc ,ça fait epuis longtemps que l’on voit des déchets dans les mers et océans ,pas oublier aussi le 7 ème continent fait de nos ordures et que l’on fait pas grand chose pour y remédier
Il faut bien être naïf pour s’étonner de trouver des déchets avec des sédiments….
Et cet article veut en faire un suspens.
Nul!