Vaisselle en plastique à l’école : pourquoi ce retour fait débat ?

La réintroduction des couverts en plastique dans les cantines scolaires fait débat.

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Vaisselle en plastique à l’école : pourquoi ce retour fait débat ?
Vaisselle en plastique à l’école : pourquoi ce retour fait débat ? © RSE Magazine

Le gouvernement français envisage de remettre des assiettes et couverts en plastique réutilisables dans les cantines scolaires, une décision qui déclenche de vives réactions. Cette proposition se fait malgré l’interdiction en vigueur depuis le 1er janvier 2025 qui visait à limiter les dangers pour la santé liés aux perturbateurs endocriniens présents dans ces produits.

Le cadre légal et l’historique

La loi Egalim, promulguée le 30 janvier, bannit l’usage de la vaisselle en plastique dans les cantines scolaires ainsi que dans les établissements accueillant les plus jeunes (pour éviter l’exposition aux substances toxiques). Cette mesure s’inscrit dans une politique plus vaste qui inclut également la Loi Antigaspillage pour une économie circulaire (Agec).

Toutefois, le Ministère de la Transition écologique a suggéré de lever certains freins en proposant de réintroduire, sous certaines conditions, ces articles dans quelques cantines. Ce projet a été mis en consultation le 24 février et repose sur l’argument que les contenants et ustensiles utilisés pour manger ne sont pas visés par la réglementation actuelle.

Les oppositions et critiques

Cette initiative a provoqué une forte réaction chez plusieurs associations. La Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) s’y oppose fermement et a encouragé les parents à faire entendre leur voix lors d’une consultation publique qui a récolté plus de 12 500 contributions avant sa clôture le 14 mars. Des groupes comme Zero Waste France et Cantine sans plastique pointent du doigt ce retour au plastique, le considérant comme un pas en arrière par rapport aux engagements en matière de santé et d’environnement, notamment en raison de la pollution plastique.

Même en étant réutilisable, le plastique est pointé du doigt comme source possible de microparticules de plastique. Un eurodéputé n’a pas tari d’éloges pour critiquer la décision, soulignant que, plutôt que d’affiner la législation pour protéger la santé des citoyens, le gouvernement semble céder aux pressions des lobbies du plastique.

Les arguments du ministère et les ajustements proposés

Selon le ministère, les produits en plastique utilisés correctement ne poseraient aucun problème, seuls les contenants chauffés présentant un risque notable. Néanmoins, cette position est contestée par ceux qui estiment qu’elle va à l’encontre des intentions originales des lois Egalim et Agec.

Devant cette polémique, plusieurs députés ont exprimé leur désaccord avec cette réintroduction. Nicolas Thierry, député Les Écologistes de Gironde, a critiqué la démarche, estimant qu’elle affaiblit la volonté initiale du législateur. Pour réagir, une proposition de loi sera déposée par les députées EPR Véronique Riotton et Graziella Melchior afin d’interdire définitivement ces articles en plastique dans les cantines scolaires.

L’Alliance plasturgie et composites du futur (Plastalliance) a décidé de contester le décret initial de janvier devant le Conseil d’État, en affirmant que ces restrictions pourraient être en contradiction avec le droit européen. En effet, une décision antérieure du Conseil d’État avait déjà annulé un décret interdisant des emballages plastiques pour certains fruits et légumes, faute d’un délai de notification respecté auprès de la Commission européenne.

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