En pleine mutation, le secteur des emballages plastiques en France intensifie ses efforts pour s’adapter aux impératifs environnementaux et sociétaux. En 2023, les fabricants ont redoublé d’investissements et d’innovations pour répondre aux attentes des consommateurs et des régulateurs.
Emballages plastiques : Un secteur stratégique sous pression environnementale
L’industrie française des emballages plastiques, qui représente 65% du chiffre d’affaires global de la filière, soit 7,2 milliards d’euros, joue un rôle central dans les secteurs de l’agroalimentaire, du soin corporel (Body Care) et des produits ménagers (Home Care). Ces segments, en pleine évolution, exigent des emballages plus responsables et conformes aux nouveaux standards écologiques, comme l’explique l’étude réalisée par l’institut Xerfi pour Elipso et publiée le 16 décembre 2024.
En 2023, la production s’est élevée à 786 000 tonnes, mais le poids de nombreux emballages a diminué de 17% depuis 2018, témoignant d’un effort significatif pour réduire l’empreinte environnementale. Parallèlement, la montée des importations, notamment en provenance de Chine, exerce une pression concurrentielle supplémentaire sur le marché national.
Face à ces enjeux, l’industrie a investi massivement dans la recherche et le développement. En 2023 :
- Les investissements en R&D ont atteint 20,8 millions d’euros, en hausse de 8% par rapport à 2022.
- Une enveloppe équivalente a été allouée à l’économie circulaire, marquant une augmentation de 3% sur la même période.
Ces efforts se concentrent sur cinq axes principaux :
- Recyclabilité : Développement de solutions pour intégrer davantage de matières plastiques recyclées (MPR).
- Réduction : Allègement des emballages pour limiter les besoins en matières premières.
- Décarbonation : Adoption de procédés industriels moins émetteurs de CO₂.
- Réemploi : Conception d’emballages réutilisables.
- Innovation sur les biomatériaux : Exploration de résines biosourcées, biodégradables et compostables, bien que leur coût et leur disponibilité soient encore des freins majeurs.
Des avancées, mais des défis persistants
30% des fabricants pratiquent déjà des activités de recyclage sur leurs sites de production, renforçant ainsi leur autonomie dans l’approvisionnement en MPR. Cependant, cette démarche se heurte à plusieurs obstacles :
- Le prix des MPR, environ deux fois plus élevé que celui des matières vierges.
- Des difficultés liées à la qualité et à la disponibilité de ces matériaux.
- Les impacts potentiels sur la fonctionnalité des emballages, notamment en termes de déformation.
En outre, 58% des entreprises travaillent ou envisagent de développer des emballages biosourcés, compostables ou biodégradables. Ces alternatives prometteuses nécessitent cependant des infrastructures spécifiques pour leur collecte et traitement, qui font actuellement défaut.
La régulation européenne impose des objectifs ambitieux : d’ici 2030, tous les emballages plastiques devront contenir 30 à 35% de matières recyclées. Cette contrainte, bien que stimulante pour l’innovation, soulève des inquiétudes au sein du secteur.








