Vous l’arrachez sans hésiter : cette herbe méprisée cache en réalité un pouvoir insoupçonné

La renouée du Japon, souvent synonyme de désastre, cache un potentiel insoupçonné.

Publié le
Lecture : 2 min
Vous l’arrachez sans hésiter : cette herbe méprisée cache en réalité un pouvoir insoupçonné
Vous l’arrachez sans hésiter : cette herbe méprisée cache en réalité un pouvoir insoupçonné © RSE Magazine

La renouée du Japon, souvent pointée du doigt comme une vraie espèce envahissante, fait beaucoup parler d’elle en France et au Royaume-Uni. Cette espèce exotique envahissante est devenue synonyme de cauchemar pour nombre de propriétaires fonciers et de responsables de chantiers. Mais derrière l’étiquette de « mauvaise herbe », il y a aussi un potentiel économique et environnemental inattendu. Face aux dégâts qu’elle provoque, des initiatives voient le jour pour valoriser ses usages positifs.

Une invasion qui frappe fort

Originaire d’Asie, la renouée du Japon, ou huzhang en pharmacopée traditionnelle chinoise, se reconnaît à ses tiges creuses et noueuses qui ressemblent un peu à du bambou, ses feuilles vert vif en zigzag, et ses rhizomes orangés qui s’enfoncent à plus de 2 mètres de profondeur, explique le magazine Maison et Travaux. La plante peut atteindre 2 à 3 mètres de hauteur, ce qui lui permet de coloniser très vite berges, talus, friches et jardins, formant des massifs denses qui étouffent les autres végétaux.

Sa prolifération tient à sa capacité à se propager par fragments de rhizome : des morceaux aussi petits que 0,7 gramme peuvent donner naissance à une nouvelle colonie. L’arrachage manuel est souvent inefficace, ce qui complique la gestion pour les particuliers et les entreprises de construction, comme le souligne Jennifer Holmes d’Environment Controls — d’où l’importance de savoir identifier la plante pour mieux s’en prémunir.

Des dégâts considérables

Les conséquences ne se limitent pas à la biodiversité. Les rhizomes s’insinuent dans la moindre fissure et provoquent des dommages importants aux infrastructures et aux biens immobiliers, illustrant les menaces dues aux activités humaines. Au Royaume-Uni, une alerte nationale a été lancée à cause des dégâts causés aux murs et aux fondations des habitations. Ces problèmes perturbent notamment les projets de construction et la vente de logements, avec des coûts financiers élevés.

En France, la plante figure sur la liste des espèces exotiques envahissantes interdites, et les sanctions peuvent aller jusqu’à 150 000 € en cas de plantation ou de transport.

Des usages alternatifs et des pistes

Malgré ses inconvénients, cette « mauvaise herbe » a aussi des aspects utiles. En Chine, la renouée du Japon est employée pour ses vertus médicinales, notamment pour soulager diverses affections. Ses racines sont riches en resvératrol, un antioxydant réputé pour ses effets anti-âge et cardio-protecteurs. Le marché du resvératrol pèse plusieurs centaines de millions d’euros, et la renouée en est une source majeure.

En France, des projets de phytoremédiation étudient l’utilisation de ses rhizomes pour filtration des polluants, ouvrant des voies intéressantes pour décontaminer des sols. Côté cuisine, certains chefs utilisent les jeunes pousses — au goût proche de la rhubarbe — pour faire des compotes et des pickles, à condition de les récolter sur des terrains non pollués.

Laisser un commentaire