Une simple empreinte digitale pourrait bouleverser ce que l’on croyait savoir depuis 2 000 ans

Une empreinte digitale vieille de 2 000 ans pourrait bouleverser notre vision des anciens raiders maritimes.

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Une simple empreinte digitale pourrait bouleverser ce que l’on croyait savoir depuis 2 000 ans
Une simple empreinte digitale pourrait bouleverser ce que l’on croyait savoir depuis 2 000 ans | RSE Magazine

La découverte récente d’une empreinte digitale sur le bateau Hjortspring, exposé au National Museum of Denmark, pourrait donner des indices sur l’origine des assaillants maritimes qui ont attaqué l’île danoise d’Als il y a plus de 2 000 ans, rapporte le média Popular Mechanics. Ce bateau, le plus ancien de son type en Scandinavie, offre une fenêtre sur un passé agité de la région. La publication de ces travaux dans la revue PLOS One promet de bousculer les théories sur les origines géographiques des raiders maritimes de l’époque, tout comme une découverte archéologique majeure a remis en question les chronologies traditionnelles.

Le bateau sous la loupe

Le bateau Hjortspring, une embarcation préhistorique construite en planches, est le seul exemplaire de ce type découvert en Scandinavie. Réputé avoir servi lors d’une attaque sur l’île d’Als au IVe siècle av. J.-C., il éclaire une page de l’histoire ancienne : une armada a débarqué jusqu’à quatre bateaux sur l’île, avant que les habitants ne repoussent les envahisseurs. L’un des bateaux a ensuite été sciemment coulé dans une tourbière, vraisemblablement offert après la victoire.

Redécouvert vers la fin des années 1880 puis fouillé dans les années 1920, le site a livré plusieurs artefacts, nécessitant une gestion éthique du patrimoine.

Ce que disent les analyses techniques

La construction du Hjortspring met en évidence des techniques avancées pour l’époque. Le calfatage, indispensable pour l’étanchéité, était réalisé avec du goudron de pin, ce qui renseigne sur la présence de forêts de pins près du lieu de construction. Le cordage en liber de tilleul a aussi été étudié (le liber étant l’écorce interne utilisée pour fabriquer des cordes) et a été daté de l’Âge du fer pré-romain, confirmant l’ancienneté des méthodes employées.

Plusieurs méthodes d’analyse ont été utilisées : la tomographie aux rayons X a scanné l’empreinte en haute résolution, puis un modèle 3D a été créé grâce à des technologies modernes. Des analyses chimiques, dont la chromatographie et la spectrométrie de masse, ont examiné la composition du goudron. Les chercheurs espèrent aussi extraire de l’ADN ancien, qui pourrait révéler des détails sur les personnes ayant construit et utilisé l’embarcation.

Origines réévaluées et pistes géographiques

Jusqu’ici, l’origine des raiders était souvent située autour de la région d’Hambourg, en Allemagne. Mais des indices réunis par l’équipe de Lund University, notamment la fréquence des forêts de pins, recentrent la piste vers les côtes de la mer Baltique, en particulier à l’est de Rügen et de Scanie. Mikael Fauvelle explique : « Le bateau était étanche grâce à du goudron de pin, ce qui était surprenant »

Cette hypothèse implique qu’une expédition maritime audacieuse et risquée a parcouru plusieurs centaines de kilomètres en mer. Elle élargit notre compréhension des compétences maritimes et stratégiques de l’époque et pose de nouvelles questions sur les sociétés anciennes du nord de l’Europe.

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