Indépendance économique des femmes : un nouvel enjeu clé pour la RSE des entreprises

Favoriser l’autonomie économique des femmes ne relève plus seulement d’une politique d’égalité professionnelle : c’est aussi un facteur de performance durable et de résilience économique

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Indépendance économique des femmes : un nouvel enjeu clé pour la RSE des entreprises © RSE Magazine

L’indépendance économique des femmes devient un enjeu central de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Selon le Baromètre ViveS 2026 consacré aux femmes et à l’argent, les inégalités financières entre femmes et hommes se construisent très tôt dans les parcours de vie et s’accentuent au fil des carrières. De l’orientation professionnelle à la préparation de la retraite, ces écarts économiques structurent des trajectoires professionnelles et patrimoniales durablement inégales.

Les hommes choisissent plus leur emploi en fonction du salaire

Dès les études, la perception de la rémunération influence différemment les choix de carrière. Le baromètre révèle que 73 % des Français n’avaient pas d’idée précise des salaires des secteurs visés pendant leurs études. Si la passion reste le premier critère de choix pour les deux sexes, la rémunération arrive en deuxième position chez les hommes (31 %) mais seulement en quatrième position chez les femmes (22 %), derrière l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle et les opportunités du moment. Avec le recul, ces choix suscitent des regrets : 63 % des femmes et 64 % des hommes déclarent qu’ils choisiraient aujourd’hui un métier plus rémunérateur.

Les écarts se creusent ensuite dans le monde du travail, notamment dans la capacité à négocier ou faire évoluer sa carrière. Le baromètre montre que seulement une femme sur trois se sent à l’aise pour demander une augmentation, contre un homme sur deux. L’écart est encore plus marqué lors de l’embauche : 29 % des femmes se sentent à l’aise pour négocier leur salaire, contre 48 % des hommes. De même, 41 % des femmes se sentent capables d’obtenir une promotion, contre 53 % des hommes. L’entrepreneuriat reste également moins accessible : 22 % des femmes seulement se disent à l’aise pour se lancer en auto-entrepreneur, contre 31 % des hommes.

La maternité : encore pénalisante pour la carrière des femmes

La maternité apparaît comme un facteur déterminant dans ces inégalités économiques. 69 % des femmes estiment que la maternité pénalise davantage la carrière des femmes, alors que seulement 50 % des hommes partagent ce constat. Ces impacts se prolongent jusqu’à la retraite : 58 % des femmes considèrent que le calcul des pensions ne prend pas suffisamment en compte l’éducation des enfants.

Les différences se retrouvent également dans la gestion de l’argent et l’investissement. Si les deux tiers des femmes et des hommes déclarent épargner, les stratégies diffèrent fortement. Seules 11 % des femmes privilégient les placements à rendement en acceptant un risque de perte en capital, contre 20 % des hommes. Les femmes sont par ailleurs trois fois moins nombreuses à investir directement en Bourse, invoquant principalement le manque de connaissance (38 %), la peur de perdre de l’argent (35 %) et des revenus jugés insuffisants (34 %).

Le coût des choix se répercute à la retraite

Ces écarts économiques ont des conséquences directes sur la sécurité financière à long terme. Les femmes vivent en moyenne cinq ans de plus que les hommes, mais elles sont moins nombreuses à en avoir conscience. Dans ce contexte, 69 % des femmes estiment que leur pension de retraite sera insuffisante, contre 47 % des hommes, et 60 % d’entre elles ne connaissent pas le montant de leur future retraite.

Pour les entreprises, ces constats renforcent l’importance d’intégrer l’indépendance économique des femmes dans leur stratégie RSE. Réduction des écarts de rémunération, transparence salariale, accompagnement des carrières, soutien à la parentalité et développement de l’éducation financière des salariés sont autant de leviers pour agir concrètement. Favoriser l’autonomie économique des femmes ne relève plus seulement d’une politique d’égalité professionnelle : c’est aussi un facteur de performance durable et de résilience économique pour les organisations et pour la société.

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