Depuis le 1er janvier 2024, une nouvelle obligation s’impose aux ménages français : le compostage obligatoire. Cette mesure marque une étape importante dans la réduction des déchets ménagers, qui sont traditionnellement incinérés ou enfouis. L’objectif est de diminuer autant que possible le volume de ces résidus polluants. Le compostage se pratiquera majoritairement dans les jardins privés ou via des composteurs collectifs mis à disposition pour ceux qui n’en disposent pas.
Ce que ça change pour la nature et pour les finances
Avant cette mesure, environ 30 % des ordures ménagères étaient constituées de biodéchets. La mise en œuvre du compostage visait donc à réduire significativement ce chiffre. Entre 2020 et 2024, le volume des déchets recyclables a « presque doublé », tandis que les apports en déchetterie ont augmenté de 20 %.
La nature reste une alliée : un compost bien entretenu peut atteindre 60 à 70 °C, favorisant une décomposition rapide. Sur le plan économique, l’absence de gestion efficace des biodéchets pèse de plus en plus sur les budgets des collectivités et des contribuables, ce qui renforce l’intérêt d’une transition vers le compostage.
Francis, un habitant impliqué dans le compostage, témoigne des bénéfices immédiats sur francebleu : « On est très contents, puisque la poubelle se remplit beaucoup moins. Au lieu de la sortir toutes les semaines, on ne la sort que toutes les trois semaines. » Cette réduction de la fréquence des sorties de poubelle montre clairement le bénéfice sur le volume des déchets.
Qui porte le mouvement sur le terrain
Le mouvement est soutenu par des acteurs engagés, comme Emmanuel Guilleux, jardinier médiateur au CPIE de Gâtine poitevine et maître composteur. En tant que référent départemental pour les Deux‑Sèvres du Réseau Compost Citoyen de Nouvelle Aquitaine, il assure la promotion et le conseil autour du compostage.
Les initiatives sont aussi appuyées par des organisations locales comme le Syndicat interdépartemental mixte pour l’équipement rural (Simer), qui couvre les territoires de la Vienne et de la Haute‑Vienne. La Chambre régionale des comptes de Nouvelle Aquitaine a produit un rapport détaillé soutenant ces actions.
Un certain nombre de communes ont adopté la tarification incitative pour encourager cette pratique et diminuer les coûts pour les foyers qui réduisent efficacement leurs déchets.
Pratique : comment ça marche, concrètement
Le compostage repose sur la transformation naturelle des déchets de cuisine et de jardin grâce à l’humidité, à l’air et aux microorganismes, mais d’autres méthodes comme le compostage en tranchée peuvent également être envisagées. Emmanuel Guilleux explique : « Je fais souvent des alternances de couches de matière carbonée, sèche, brune, avec des couches plus vertes, qu’on dit des matières azotées. Cela crée des poches d’air dans lesquelles les bactéries peuvent se développer. »
Les déchets de cuisine, même la viande et le poisson, s’ils sont enfouis pour éviter les odeurs, peuvent être compostés, mais il est important de connaître les déchets à éviter. Les déchets de jardin sont acceptés presque sans restriction, et on peut les compléter par des matières carbonées comme les feuilles mortes et le carton. Bien entretenu, un compost est souvent inodore et apporte une véritable valeur au jardin.








