La cybersécurité constitue désormais un enjeu stratégique. Elle ne relève plus seulement de la technique : elle concerne la continuité d’activité, la protection des données, la confiance des parties prenantes et la résilience économique. Le Panorama de la cybermenace 2025 publié par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) le 11 mars 2026 identifie plusieurs menaces majeures qui touchent directement les organisations françaises.
Les rançongiciels : un risque direct pour la continuité d’activité
Les attaques par rançongiciel restent l’une des menaces les plus déstabilisantes pour les organisations. En 2025, l’Anssi a recensé 128 compromissions liées à ce type d’attaque. Ces opérations consistent généralement à pénétrer un système d’information, exfiltrer des données puis chiffrer les systèmes afin d’exiger une rançon. Les conséquences peuvent être lourdes pour les entreprises : interruption d’activité, perte de données et atteinte à la réputation.
Le rapport souligne également que les PME, TPE et entreprises de taille intermédiaire représentent près de la moitié des victimes, avec 48 % des attaques recensées. Les collectivités territoriales et les établissements de santé figurent aussi parmi les organisations régulièrement ciblées. Pour les entreprises engagées dans une démarche RSE, ces attaques soulignent l’importance de la résilience numérique et de la protection des données des clients, partenaires et salariés.
L’exploitation des vulnérabilités : une faille organisationnelle majeure
Une autre menace centrale identifiée par l’Anssi concerne l’exploitation de vulnérabilités informatiques. Les cyberattaquants ciblent en particulier les équipements exposés sur Internet – pare-feux, solutions VPN ou systèmes d’accès distant – qui constituent des points d’entrée dans les réseaux internes.
Le rapport souligne que près de 29 % des vulnérabilités exploitées en 2025 l’ont été le jour même de leur publication ou avant celle-ci. Cela signifie que les organisations disposent d’un temps très limité pour appliquer les correctifs de sécurité. L’agence note également qu’environ 8 % des failles sont exploitées avant même la publication d’un correctif, ce qui complique encore la protection des systèmes.
Ces chiffres illustrent un enjeu clé pour les entreprises : la gestion des correctifs et la surveillance des infrastructures numériques. Fin 2025, plus de 6 200 systèmes exposés en France restaient encore vulnérables à certaines failles identifiées depuis 2023 ou 2024, selon l’Anssi.
Les attaques de la chaîne d’approvisionnement numérique
La transformation numérique des entreprises accroît aussi les risques liés aux dépendances technologiques. Les organisations utilisent aujourd’hui de nombreux prestataires numériques : éditeurs de logiciels, hébergeurs cloud ou fournisseurs de services informatiques. Les cyberattaquants exploitent parfois ces relations pour atteindre leur cible.
Une attaque peut ainsi commencer chez un prestataire avant de se propager à plusieurs entreprises clientes. Pour les entreprises engagées dans une stratégie RSE, cette problématique pose la question de la responsabilité numérique de l’ensemble de la chaîne de valeur. La gestion des risques cyber ne concerne donc plus seulement l’entreprise elle-même, mais aussi ses partenaires et fournisseurs.
Un enjeu majeur de responsabilité pour les entreprises
Au-delà des aspects techniques, le rapport de l’Anssi montre que la cybersécurité est devenue un enjeu central de la responsabilité des organisations. Les cyberattaques peuvent affecter non seulement l’activité économique, mais aussi la confiance des clients, la protection des données personnelles et la stabilité des services numériques.
Dans une perspective RSE, renforcer la cybersécurité signifie donc aussi protéger les parties prenantes et garantir la résilience des services essentiels dans une économie de plus en plus numérisée.








