Fin de la protection totale du loup : la décision qui choque les défenseurs des animaux

Le loup, symbole de la biodiversité européenne, vient de perdre son statut de « strictement protégé ».

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Fin de la protection totale du loup : la décision qui choque les défenseurs des animaux
Fin de la protection totale du loup : la décision qui choque les défenseurs des animaux © RSE Magazine

Le Parlement européen vient de prendre une décision lourde de sens concernant le statut juridique du loup, véritable symbole de la biodiversité européenne. Jeudi 8 mai, le loup a été rétrogradé de « strictement protégé » à « protégé ». Avec 371 votes pour, 162 contre et 37 abstentions, cette décision fait suite aux modifications de la Convention de Berne. Les partis de droite, d’extrême droite et les libéraux ont voté pour, tandis que les écologistes et la gauche radicale se sont opposés. Les socialistes, quant à eux, étaient partagés.

La convention de Berne expliquée

Adoptée en 1979 à Berne en Suisse, cette convention a pour but de stimuler la coopération pour la protection de la faune et de la flore sauvages. Elle couvre près de 8 millions d’espèces animales et végétales à travers le globe. En France, 186 883 espèces sont protégées selon Nature France. La convention distingue les espèces en deux catégories : « strictement protégé » ou « protégé ».

Jusqu’alors, le loup figurait à l’annexe II et bénéficiait d’une protection très sévère. Mais en décembre 2024, les États signataires ont décidé de le rétrograder au rang « d’espèce protégée », ouvrant la porte à des tirs encadrés et à des abattages sous certaines conditions. La nouvelle mesure est entrée en vigueur le 6 mars 2025 pour le reste des pays européens.

Les réactions face au nouveau statut

Ce changement a provoqué le mécontentement chez les défenseurs de la biodiversité. Sebastian Everding, élu allemand de la gauche radicale, déplore que cette décision passe outre les solutions déjà en place pour permettre une coexistence apaisée entre loups et humains. Ilaria Di Silvestre, porte-parole de l’IFAW (Fonds international pour la protection des animaux), pointe également du doigt ce choix qui laisse de côté les données scientifiques disponibles.

Les écologistes redoutent que cette modification ne compromette les efforts de conservation déployés depuis 1992 grâce à la directive européenne sur la conservation des habitats naturels. Seuls le Royaume-Uni, Monaco et la République tchèque se sont opposés à cette décision.

Les enjeux écologiques et sociaux

La population de loups en Europe a presque doublé en dix ans, atteignant 20 300 individus en 2023. Les loups jouent un rôle important dans les écosystèmes en régulant les populations d’herbivores. Néanmoins, cette croissance amène aussi son lot de soucis pour les zones rurales, où plus de 60 000 animaux d’élevage subissent des attaques chaque année dans l’UE.

María Esther Herranz Garcia, du Parti populaire européen, souligne que ces attaques font peser une pression de taille sur les éleveurs. Des mesures comme les clôtures électriques et l’utilisation de chiens de protection sont déjà mises en place pour tenter de limiter ces conflits.

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