Coca-Cola face au défi de l’augmentation de sa consommation de plastique

Le recyclage demeure un pilier central de la stratégie matière de Coca-Cola.

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Coca-Cola face au défi de l’augmentation de sa consommation de plastique © RSE Magazine


Le 26 mars 2025, l’organisation Oceana a publié un rapport détaillé sur la trajectoire environnementale de Coca-Cola en matière de gestion des emballages plastiques. L’étude propose une modélisation prospective jusqu’en 2030, en analysant les volumes de production plastique, les taux de collecte, les usages du recyclage, et les scénarios liés à la réutilisation.

Une croissance continue des volumes, corrélée à la performance commerciale

Le rapport Oceana indique que Coca-Cola a utilisé 3,45 millions de tonnes de plastique en 2023, contre 2,96 millions de tonnes en 2018, soit une augmentation de 16 % en cinq ans​. Sur cette période, le volume de bouteilles en plastique à usage unique est passé de 117 milliards à 137 milliards d’unités​. Cette progression est corrélée à la croissance du chiffre d’affaires, passé de 34,3 milliards de dollars en 2018 à 45,8 milliards en 2023.

Si la tendance actuelle se poursuit sans changement structurel, Oceana prévoit que Coca-Cola atteindra 4,13 millions de tonnes de plastique par an en 2030, avec une projection de 3,61 millions de tonnes de déchets plastiques entrant dans les écosystèmes aquatiques entre 2024 et 2030, soit l’équivalent de plus de 190 milliards de bouteilles de 500 ml​.

Recyclage et réutilisation : deux leviers à déploiement différencié

Le recyclage demeure un pilier central de la stratégie matière de Coca-Cola. En 2023, l’entreprise a déclaré un taux de collecte mondial de 62 % pour ses bouteilles, avec un objectif de montée progressive à 70–75 % d’ici 2035, et une part de contenu recyclé dans les emballages visant 30 à 35 % à la même échéance​. En 2022, Coca-Cola a consacré 959 millions de dollars à l’achat de rPET (plastique recyclé)​.

En parallèle, Coca-Cola exploite également un autre levier : les emballages réutilisables. En 2023, 10,2 % des produits vendus dans le monde étaient conditionnés dans des contenants réutilisables, principalement des bouteilles en verre ou plastique PET rechargeables. Dans plus de 20 marchés, cette part dépasse les 50 %, et dans 20 autres, elle franchit le seuil des 25 %​. Les systèmes de réutilisation (consigne, lavage, redistribution) atteignent des taux de retour de 93 %, nettement supérieurs à ceux du recyclage classique​.

Selon les projections d’Oceana, si Coca-Cola portait la part des réutilisables à 25 % d’ici 2030, cela permettrait une réduction de 15 % des volumes plastiques et des fuites aquatiques par rapport au scénario de continuité actuelle. À 26,4 %, le volume total de plastique utilisé en 2030 pourrait même descendre en dessous du niveau de 2023​.

Coca-Cola : réutilisation ou recyclage pour le plastique ?

Les analyses internes de Coca-Cola montrent que les contenants réutilisables ont une empreinte carbone plus faible que les bouteilles à usage unique. Les bouteilles en PET réutilisables présentent jusqu’à 47 % d’émissions de CO₂ en moins, selon les données fournies par Coca-Cola FEMSA et Coca-Cola Andina, deux embouteilleurs majeurs en Amérique latine​. Ces données s’appuient sur des bilans complets incluant les trajets de retour, l’usage d’énergie renouvelable dans les centres de lavage, et la gestion des cycles de vie complets.

En parallèle, le recyclage présente encore des limites structurelles. En Afrique du Sud, l’usine PETCo (affiliée Coca-Cola) a collecté 68 413 tonnes de plastique, mais seules 27 625 tonnes ont été revalorisées en PET alimentaire — soit un taux de reconversion de 40 %​. Des résultats similaires ont été constatés au Mexique et aux Philippines.


À travers les données réunies par Oceana, la trajectoire plastique de Coca-Cola révèle la complexité de conjuguer croissance des ventes, adaptation réglementaire, et gestion durable des matériaux. Si la part du recyclé progresse, les emballages réutilisables s’affirment comme un levier complémentaire structurant. Dans ce contexte, la stratégie RSE du groupe repose désormais sur une pluralité de solutions, dont la cohérence et la robustesse seront déterminantes pour relever les défis environnementaux à l’horizon 2030.

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