La mer de Weddell, située dans l’océan Austral, est l’un des endroits les plus éloignés et méconnus de notre planète. En 2019, une expédition scientifique s’est lancée à l’aventure pour explorer cette région difficile d’accès, notamment autour de la plateforme de glace Larsen C. Si la mission visait initialement à retrouver l’épave du navire Endurance, disparu en 1915, elle a fini par nous réserver des surprises qui ont captivé le monde scientifique.
À la découverte d’une zone extrême
L’Antarctique, avec sa glace marine en permanence et ses températures très froides, présente des conditions pas piquées des hannetons. La mer de Weddell joue un rôle majeur dans la circulation océanique mondiale et abrite une biodiversité étonnante. Son isolement et le climat rigoureux ajoutent une bonne dose de difficulté à son exploration.
Durant l’expédition Weddell Sea 2019 qui a eu lieu du 1er janvier au 22 février 2019, les chercheurs ont utilisé un véhicule sous-marin téléguidé baptisé « Lassie » pour effectuer des relevés benthiques. Ce petit bijou technologique a permis de collecter 27 heures de vidéos, offrant ainsi un aperçu précieux des fonds marins au nord-ouest de la mer de Weddell.
Des trouvailles sous-marines impressionnantes
L’expédition a permis de documenter pour la première fois des sites de nidification du poisson Lindbergichthys nudifrons dans cette zone reculée, rapporte le magazine Geo. Les scientifiques ont recensé un total impressionnant de 1 036 nids actifs, organisés en 277 groupes distincts. Ces nids, qui se présentent généralement sous forme de cercles peu profonds, arborent des modèles variés comme « Cluster », « Crescent », « Line », « Oval », « Sharp U » et « Singular ». Le modèle « Cluster » prédomine, représentant 42,08 % des nids.
Ces formations semblent refléter une stratégie évolutive décrite comme « troupeau égoïste », où les poissons situés au centre bénéficient d’une meilleure protection grâce à ceux qui se trouvent en périphérie. Généralement, ce sont des poissons plus grands et robustes qui occupent le bord des nids, renforçant cet effet protecteur.
Conséquences écologiques et protection de l’environnement
Les découvertes réalisées lors de cette expédition mettent en lumière l’importance de la mer de Weddell pour l’écosystèmes cachés. La présence d’habitats reproducteurs structurés souligne le besoin de veiller à leur préservation. On envisage même de proposer cette région comme zone marine à protection spéciale (WSMPA), puisqu’elle répond aux critères d’un écosystème marin vulnérable tout en jouant un rôle vital pour la biodiversité.
De plus, ces recherches font écho à une étude antérieure qui avait révélé l’une des plus vastes colonies de reproduction piscicole au monde dans la même région. Ce constat vient renforcer l’idée que des efforts concertés sont nécessaires pour conserver ce milieu unique, notamment face aux défis liés au changement climatique.








