Décembre 2025 marque une date clé pour l’électricité mondiale. Selon la revue scientifique Science, la progression des capacités solaires et éoliennes a suffi à absorber l’intégralité de l’augmentation de la consommation d’électricité observée cette année. Le renouvelable n’est plus marginal. Il devient un pilier central des équilibres énergétiques, avec des implications environnementales, industrielles et sociales majeures.
Renouvelable et solaire : une réponse crédible à la croissance de l’électricité
La question n’est plus seulement de produire une électricité plus propre, mais de le faire à une échelle compatible avec la réalité économique mondiale. Longtemps, le solaire a été perçu comme insuffisant pour accompagner la hausse continue de la demande. En 2025, ce verrou a sauté. Selon Science, les énergies renouvelables ont progressé assez rapidement pour couvrir toute l’augmentation mondiale de la consommation électrique, tout en dépassant le charbon comme source de production.
Ce changement repose sur des avancées industrielles continues. Le solaire bénéficie de rendements en hausse, de coûts en baisse et d’une capacité de déploiement rapide. Cette combinaison permet d’alimenter aussi bien les grandes métropoles que des territoires plus isolés, sans alourdir les émissions. Au premier semestre 2025, la production mondiale d’électricité renouvelable a atteint environ 5 072 TWh, contre 4 896 TWh pour le charbon.
Cette dynamique modifie la trajectoire environnementale du secteur électrique. La croissance de la demande, tirée par l’électrification des usages et le numérique, n’entraîne plus automatiquement une hausse proportionnelle des émissions. Le solaire devient ainsi un levier central pour dissocier développement économique et pression climatique, un objectif longtemps jugé hors d’atteinte.
La Chine réduit ses émissions polluantes
La montée en puissance du solaire repose largement sur la Chine. En 2025, le pays a installé environ 210 GW de capacités solaires et 51 GW d’éolien. Ces volumes exceptionnels traduisent une stratégie industrielle de long terme, fondée sur l’investissement massif, la maîtrise des chaînes de valeur et l’industrialisation à grande échelle.
La Chine concentre aujourd’hui environ 80 % de la production mondiale de cellules solaires, ainsi que 70 % des éoliennes et des batteries au lithium. Cette domination industrielle soulève des enjeux de dépendance pour de nombreux pays, mais elle a aussi un effet immédiat : la diffusion rapide de technologies bas carbone à des coûts de plus en plus accessibles.
Du point de vue environnemental, l’impact est considérable. La Chine reste le premier émetteur mondial de CO₂. Chaque mégawatt solaire déployé sur son territoire contribue donc directement à limiter l’augmentation des émissions liées à l’électricité. La revue Science souligne que ce basculement n’est pas le fruit d’une rupture isolée, mais d’années de soutien public et de structuration industrielle.
Cette responsabilité industrielle dépasse les frontières chinoises. En inondant le marché mondial de technologies solaires à bas coût, Pékin accélère indirectement la transition énergétique d’autres économies, notamment dans les pays émergents où le charbon reste dominant. Le renouvelable devient ainsi un vecteur de transformation globale des modèles énergétiques.
Un changement d’échelle décisif
L’importance de cette bascule tient à son ampleur. Jusqu’à récemment, les énergies bas carbone progressaient, mais sans inverser les tendances structurelles. En 2025, le renouvelable change de statut. Il ne se contente plus de réduire l’intensité carbone du mix électrique. Il empêche une aggravation supplémentaire de la pollution liée à la croissance de la demande.
Cette évolution est particulièrement visible dans l’électricité, secteur historiquement le plus émetteur. Le fait que le solaire et l’éolien puissent désormais suivre le rythme de consommation mondiale constitue un signal fort pour les trajectoires climatiques futures. Selon Science, il s’agit d’un tournant comparable à l’essor du numérique ou à l’industrialisation des réseaux électriques au XXᵉ siècle.
Cependant, ce progrès ne résout pas tout. La dépendance à une chaîne de valeur très concentrée pose des questions de résilience, tandis que la réduction absolue des émissions reste un défi. Néanmoins, le renouvelable démontre qu’il est possible d’allier performance économique, sécurité énergétique et réduction de l’impact environnemental.
À ce titre, le solaire chinois incarne une transformation systémique. Il montre que la transition ne repose plus uniquement sur des objectifs ou des engagements, mais sur des capacités industrielles capables de modifier concrètement les équilibres mondiaux de l’électricité.








