RSE : les violences faites aux femmes ne baissent que trop lentement

Face à l’ampleur historique des violences faites aux femmes révélée par l’OMS en novembre 2025, les entreprises se trouvent confrontées à un enjeu sociétal majeur. Leur responsabilité sociale s’étend désormais à la prévention, à la sensibilisation et à la protection des salariées confrontées à ces violences, qu’elles se déroulent dans la sphère privée ou au travail. Une RSE moderne ne peut plus ignorer cette réalité.

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Les entreprises soutiennent les femmes victimes de violences
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Le 19 novembre 2025, l’Organisation mondiale de la santé a dévoilé un rapport inédit mettant en lumière l’ampleur mondiale de la violence faite aux femmes. Avec 840 millions de femmes touchées dans le monde selon le communiqué de l’OMS, cette crise de santé publique s’impose comme un défi central pour les sociétés. Elle concerne aussi les entreprises, dont le rôle dans la prévention, la détection et l’accompagnement est désormais incontournable. À l’heure où la RSE évolue vers une approche plus humaine et systémique, la violence basée sur le genre devient un sujet stratégique, touchant la santé, la sécurité, la performance et la cohésion interne.

La violence : un risque systémique reconnu par l’OMS et pesant sur la vie professionnelle

Le rapport publié par l’OMS le 19 novembre 2025 rappelle que près d’une femme sur trois dans le monde a subi une violence sexuelle ou physique au cours de sa vie, soit 840 millions de femmes. Cette donnée colossale ne reste pas confinée à la sphère intime. Elle se répercute dans la vie professionnelle des victimes, où les conséquences sont multiples : absentéisme, fatigue chronique, anxiété profonde, isolement, pertes de revenu ou encore ruptures de carrière. La violence impacte directement l’égalité professionnelle, la santé mentale et la performance collective.

Pour la première fois, l’OMS a intégré dans ses statistiques de novembre 2025 un chiffrage global des violences sexuelles commises par une personne autre que le partenaire intime. L’organisation estime que 263 millions de femmes ont subi une violence sexuelle depuis l’âge de 15 ans de la part d’un non-partenaire.

Dans sa déclaration du 19 novembre 2025, le directeur général de l’OMS précise : « La violence contre les femmes est une des injustices les plus anciennes et persistantes de l’humanité, et une de celles contre lesquelles on agit le moins », soulignant l’écart entre la gravité de la situation et la faiblesse structurelle des réponses institutionnelles. Cet écart se retrouve au sein des organisations professionnelles où, trop souvent, les dispositifs restent informels, sous-dimensionnés ou méconnus des salariées.

316 millions de femmes victimes en un an : un enjeu de santé et de sécurité au travail

Selon les données de l’OMS publiées le 19 novembre 2025, 316 millions de femmes ont été victimes d’une violence physique ou sexuelle de la part d’un partenaire intime au cours des douze derniers mois. Ce chiffre représente 11 % des femmes âgées de 15 ans ou plus. Il souligne l’urgence d’une action renforcée dans les milieux professionnels. Beaucoup de victimes continuent de travailler pendant qu’elles subissent des violences, souvent sans soutien, parfois en essayant de dissimuler les impacts sur leur comportement, leur concentration ou leur état de santé.

Ce phénomène devient un enjeu majeur de sécurité au travail. La violence subie en dehors des murs de l’entreprise se manifeste dans la vie professionnelle par des signes multiples : troubles du sommeil, retards répétés, blessures invisibles, nervosité, repli. La responsabilité des organisations ne se limite pas à la prévention des violences internes : elle s’étend à l’accompagnement des victimes de violences conjugales ou sexuelles, dès lors que ces violences affectent la santé ou la sécurité de la personne dans l’exercice de son travail.

L’OMS rappelle également que les progrès réalisés au cours des vingt dernières années sont « terriblement lents », avec une baisse moyenne de seulement 0,2 % par an selon RTL info. Ce rythme dérisoire montre que les dispositifs publics ne suffisent pas et que la mobilisation des entreprises devient un levier essentiel.

Les entreprises au cœur de la prévention : sensibilisation, formation et protocoles d’urgence

Dans un paysage où la violence persiste et affecte profondément la vie professionnelle, les organisations disposent d’un rôle déterminant. La RSE contemporaine inclut désormais des politiques structurées de prévention et de soutien. De plus en plus d’entreprises développent des pratiques telles que la formation des managers à la reconnaissance des signaux d’alerte, la création de cellules internes, la nomination de référents spécialisés, ou encore la mise en place de protocoles d’urgence pour protéger les salariées exposées.

Les programmes de sensibilisation se multiplient, souvent en partenariat avec des associations spécialisées ou des services de santé au travail. Ces dispositifs permettent de replacer la violence dans un cadre large comprenant à la fois les violences conjugales, les violences sexuelles, la cyber-violence, les menaces ou les pressions psychologiques. En matière de RSE, ils répondent à un double impératif : garantir la sécurité des salariées et favoriser un environnement professionnel attentif aux réalités traumatiques pouvant affecter leur vie personnelle.

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