Selon vous, l’autorité d’un robot est-elle légitime ?
Dans une dystopie lors de laquelle l’humain devrait s’affronter au robot, peut-on considérer que l’humain serait tenu en échec s’il n’établit pas une stratégie en réseau, capable de s’adapter ?
Aujourd’hui, l’humain adopte une stratégie de réseau à l’échelle mondiale grâce aux robots. Ce faisant, il accepte de perdre une partie de la liberté individuelle, pour gagner de l’influence collective. Dans un monde utopique, où le robot serait doué d’une intelligence autonome, les humains perdraient tout libre arbitre, pour servir d’interfaces aux machines. Ce changement de civilisation n’est pas pour demain, même avec l’essor de l’ordinateur quantique ! À plus brève échéance, dans la guerre du futur, l’humain devra faire alliance avec des robots pour lutter contre des attaques en réseau, ou pour mener des combats systémiques. La stratégie de réseau s’impose toujours pour contrer une menace de même nature.
Quel avenir pour l’Homme si la machine continue d’évoluer ?
Au cours de chaque révolution technologique, la machine soulage l’effort humain pour les tâches les plus répétitives, en préservant le pouvoir d’achat, sans tuer l’emploi. Joseph Schumpeter parle de destruction créatrice pour expliquer ce miracle de l’économie. Le progrès technologique ne va pas ralentir. Le génie humain répondra à tous les défis de notre siècle, grâce à l’innovation, dans les domaines de la santé, du réchauffement climatique, de l’énergie propre, de la colonisation de l’espace, etc. Néanmoins, au cours de ces évolutions, des questions bioéthiques seront posées comme le clonage humain, le transhumanisme, le brevet du vivant, etc.
La machine à intelligence autonome fera partie de ces questions fondamentales pour l’humanité, avec le risque d’ouvrir une boîte de Pandore !
L’Etat seul est-il suffisant pour éviter la décadence du commandement humain ?
Aujourd’hui la crise est différente. L’autorité est remise en question, non pas pour répondre à un besoin d’alternance au pouvoir, mais pour imaginer une société plus horizontale, dénuée du besoin de commander et d’obéir. C’est la raison pour laquelle, le pouvoir aujourd’hui donne l’impression de ne pas commander pour conserver sa raison d’être, en remplaçant les décisions par des règles administratives. Dans ces conditions, l’autorité est remise en cause, car avec l’instauration d’une réglementation trop envahissante, elle ne répond ni au besoin d’arbitrage de « l’Ancien Monde », ni au besoin d’émancipation de la population du « monde d’après ».
Dans ces conditions, il faut changer de paradigme, en simplifiant les règles pour redonner le goût d’entreprendre à la population, tout en recentrant le pouvoir de l’État sur les dimensions régaliennes comme la justice, l’ordre public, la défense. Vaste sujet, car ni l’État ni la population n’ont envie de changer. Pour l’État, il s’agirait de renoncer à une partie de ses prérogatives, et pour la population d’accepter d’endosser la responsabilité des choix à la place de l’État, comme corollaire de la liberté !








