Réchauffement climatique : 2025 démarre encore plus chaud que l’année record de 2024

En 2024, la Terre a franchi un seuil alarmant de 1,6 °C de réchauffement.

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Réchauffement climatique : 2025 démarre encore plus chaud que l'année record de 2024
Réchauffement climatique : 2025 démarre encore plus chaud que l’année record de 2024 | RSE Magazine

En 2024, notre planète a connu un tournant alarmant en dépassant, pour la première fois, le palier des 1,5 °C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle. La température moyenne enregistrée s’établit désormais à 1,6 °C au-dessus des niveaux d’avant l’industrie. Le service changement climatique de l’observatoire européen Copernicus l’a annoncé le 9 décembre, lançant ainsi l’alerte sur une phase climatique qui pourrait ouvrir la voie à des phénomènes difficiles à inverser.

Comprendre le seuil de 1,5 °C

L’Accord de Paris, signé en 2015, avait fixé l’objectif de limiter le réchauffement climatique en Europe à 1,5 °C pour éviter des scénarios climatiques dangereux. Même si les variations d’une année sur l’autre font partie du jeu, il faut observer la tendance sur plusieurs décennies pour mesurer ce que cela signifie réellement. Aujourd’hui, Copernicus signale un réchauffement moyen de 1,3 °C durant les cinq dernières années. D’après les climatologues, il y a plus d’une chance sur deux que 2025 repasse ce seuil.

Chaque dixième de degré supplémentaire augmente le risque de phénomènes extrêmes. Une étude du GIEC publiée en 2018 précise que si on réussit à limiter le réchauffement à 1,5 °C, la hausse du niveau de la mer serait réduite de 10 cm par rapport à un scénario à 2 °C, protégeant ainsi 10 millions de personnes. À chaque fraction de degré de plus, on observe des épisodes de pluies plus violentes, des vagues de chaleur plus fréquentes et des risques grandissants pour l’agriculture ainsi que pour la biodiversité.

Les effets sur les régions vulnérables

Les petits États insulaires en développement (PEID) sont particulièrement exposés aux conséquences du réchauffement climatique. Une étude parue en 2023 dans Nature Sustainability indique qu’à 1,5 °C, ces pays subiront d’importants dégâts, pouvant mener à des migrations forcées. Par exemple, à Antigua-et-Barbuda, les cyclones tropicaux pourraient causer des dommages augmentés de 50 % à 1,7 °C d’ici 2050. De même, au Sénégal, le nombre de personnes exposées aux canicules pourrait grimper d’un tiers à cette même hausse de température.

Les points de bascule climatiques représentent également un danger majeur.

Des perspectives pour demain

L’année 2024 s’est inscrite comme la plus chaude jamais relevée depuis le début des enregistrements. Sur les 22 derniers mois, 21 ont franchi la barre des +1,5 °C. Le début de 2025 confirme cette marche vers la chaleur, avec avril se classant comme le deuxième mois d’avril le plus chaud jamais enregistré.

Plusieurs facteurs expliquent cet échauffement : les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines restent élevées malgré les tentatives internationales pour les réduire. Certains phénomènes naturels, comme El Niño, viennent renforcer cette situation, tandis que La Niña n’a eu qu’un effet temporaire en freinant légèrement le réchauffement.

Depuis le tout premier rapport du GIEC en 1990 jusqu’à aujourd’hui, les émissions mondiales ont grimpé de 50 %. Il est évident qu’il faut redoubler d’efforts pour éviter de franchir la barre des 2 °C. Même si nous atteignions dès maintenant zéro émission nette mondiale, certains effets du réchauffement passé persisteraient pendant plusieurs siècles. Kristina Dahl le résume ainsi : « chaque dixième de degré supplémentaire nous rapproche inexorablement vers des dégâts irréversibles ».

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