Pourquoi Duralex mise sur une collecte solidaire pour financer son avenir industriel

Accessible dès un euro, cette collecte veut permettre à des citoyens, des entreprises et des acteurs locaux de contribuer directement à un projet industriel collectif, fondé sur la transparence, l’ancrage territorial et la responsabilité sociale.

Publié le
Lecture : 2 min
Coins 2825094 1920
Pourquoi Duralex mise sur une collecte solidaire pour financer son avenir industriel | RSE Magazine

Le 5 janvier 2026, Duralex a lancé une nouvelle collecte de dons, ouverte jusqu’au 15 février, en partenariat avec la plateforme régionale Efferve’sens. Contrairement à une levée de fonds classique, cette initiative revendique une dimension résolument solidaire et citoyenne, en cohérence avec le virage engagé par l’entreprise depuis sa reprise en SCOP en 2024.

Transformer l’engagement citoyen en outil industriel

Ce que Duralex cherche à financer est clairement identifié. Les fonds collectés seront intégralement consacrés à la création de nouveaux moules industriels, indispensables au développement de nouveaux produits en verre trempé. Dans l’industrie verrière, ces moules représentent des investissements lourds, structurants et souvent différés faute de moyens.

Le choix d’une collecte solidaire permet à Duralex de rendre lisible l’usage des fonds, grâce à un système de paliers : tous les 200 000 euros collectés, un nouveau projet industriel peut être enclenché. Cette logique répond à une attente croissante de traçabilité et de sens dans l’acte de don, en particulier chez les contributeurs sensibles aux enjeux RSE.

Une démarche cohérente avec le modèle coopératif

Depuis son passage en société coopérative et participative, Duralex défend un modèle où les salariés sont au cœur des décisions stratégiques. Cette collecte s’inscrit dans la continuité de cette transformation : elle élargit la logique de gouvernance partagée au-delà de l’entreprise, en associant des parties prenantes externes au projet industriel.

Pour la direction comme pour les salariés-associés, il s’agit d’assumer une vision de long terme : privilégier la pérennité de l’outil industriel plutôt qu’une croissance rapide financée par des capitaux spéculatifs. Ce positionnement, encore rare dans l’industrie manufacturière française, interroge les modèles dominants de financement et redonne une place centrale à l’intérêt collectif.

La collecte ne cherche pas à remplacer les financements traditionnels, mais à les compléter par un levier d’engagement sociétal, capable de renforcer l’acceptabilité et la légitimité des investissements industriels.

Un projet ancré dans les territoires et l’économie circulaire

L’initiative intègre également une dimension sociale concrète. Les contributeurs peuvent refuser les contreparties proposées, qui sont alors remises à la Ressource AAA d’Orléans, une ressourcerie associative locale. Ce mécanisme relie la collecte à des enjeux d’économie circulaire, de réemploi et de solidarité territoriale.

Ce choix n’est pas anodin. Il reflète la volonté de Duralex d’inscrire son développement dans un écosystème local, en lien avec des acteurs de l’économie sociale et solidaire, plutôt que dans une logique strictement industrielle et descendante.

À travers cette collecte, l’entreprise affirme que l’innovation ne se limite pas aux produits, mais concerne aussi les modes de financement, de coopération et de redistribution de la valeur.

Une réponse aux attentes RSE du public et des entreprises

Dans un contexte où les entreprises sont de plus en plus attendues sur leur impact social, environnemental et territorial, Duralex propose un modèle hybride. La collecte solidaire permet aux entreprises contributrices de soutenir un projet industriel responsable, sans entrer dans une relation capitalistique classique, souvent perçue comme incompatible avec certaines politiques RSE.

Pour les particuliers, elle offre la possibilité de participer à la relance d’un symbole industriel français, non par nostalgie, mais par adhésion à un projet collectif, transparent et orienté vers l’utilité sociale.

En choisissant cette voie, Duralex envoie un signal fort : l’industrie peut se réinventer sans renoncer à ses racines, ni à ses exigences économiques, à condition de remettre le sens et le collectif au cœur de la stratégie.

Laisser un commentaire