Le rapport qui dérange : pourquoi les dauphins meurent toujours malgré la fermeture de la pêche

Les captures accidentelles de dauphins explosent dans le golfe de Gascogne, menaçant la biodiversité marine.

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Le rapport qui dérange : pourquoi les dauphins meurent toujours malgré la fermeture de la pêche
Le rapport qui dérange : pourquoi les dauphins meurent toujours malgré la fermeture de la pêche © RSE Magazine

Un rapport scientifique marquant, publié dans le cadre du projet Delmoges, met en lumière la montée des captures accidentelles de dauphins dans le golfe de Gascogne, ce qui menace la biodiversité marine. Porté par l’Ifremer, La Rochelle Université et le CNRS, ce document révèle l’ampleur du phénomène qui menace les populations de dauphins dans la zone. L’Observatoire Pelagis, entre autres, a contribué à cette étude approfondie, qui appelle à une attention urgente des chercheurs et des professionnels de la pêche pour le bien-être animal.

Le golfe de Gascogne, situé entre la façade atlantique et la Manche Ouest, connaît une augmentation notable des captures accidentelles depuis 2016. Les dauphins, principalement des dauphins communs, sont pris alors qu’ils chassent près des côtes, attirés par des proies comme les anchois et les sardines. Leur déplacement vers les zones côtières est largement attribué au changement climatique, exacerbant leur vulnérabilité face aux engins de pêche.

Ce qu’on a observé et les mesures prises

Pendant l’hiver 2024-2025, l’Observatoire Pelagis a enregistré une réduction significative de 60 % des captures accidentelles grâce à des fermetures temporaires de la pêche. Malgré cela, 1 900 dauphins sont morts suite à des captures accidentelles sur cette période, rapporte le journal Sud Ouest.

Si la fermeture a montré son efficacité à court terme, elle reste coûteuse : les pertes économiques sont estimées à près de 35 millions d’euros, dont 14,5 millions déjà versés en indemnisations. En 2025, 274 navires ont reçu des soutiens financiers pour leurs pertes de capture, qui s’élèvent à 4 320 tonnes de poissons.

Une situation délicate pour les pêcheurs et l’écosystème

Les acteurs de la filière, représentés notamment par le CNPMEM, pointent les conséquences économiques sévères de ces fermetures temporaires sur leur activité. Ils s’interrogent sur l’efficacité à long terme de ces mesures et réclament des solutions plus « adaptées et opérationnelles ». Les discussions portent sur des fermetures ciblées, des ajustements de quotas et la modulation de l’effort de pêche, mais, au moment de la reconduction de ces mesures pour la saison 2026, des résultats concrets faisaient encore défaut.

Des innovations sont toutefois testées : des balises acoustiques et des « pingers » (équipements anti-captures) sont essayés sur 110 fileyeurs et 27 navires, et 100 caméras embarquées ont été ajoutées pour évaluer leur rôle dans la diminution des captures accidentelles. Comme l’écrivent les auteurs du projet Delmoges : « Aucune mesure pouvant être mise en œuvre à court terme ne semble pleinement satisfaisante », soulignant la nécessité d’approches nouvelles et intégrées.

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