Le leadership part de soi
Le leadership n’est donc pas le fruit de connaissances techniques apprises et maîtrisées qui peuvent se transmettre de façon mécanique. Si cette forme de direction implique naturellement des qualités visibles (enthousiasme, capacités à communiquer et à mobiliser, qualités de persuasion), elle part essentiellement de soi (réalité intérieure) et des attributs personnels de la personne (atouts, faiblesses, défauts, failles). Le leadership fait essentiellement appel à la personnalité du leader, en puisant sur ses qualités intrinsèques et sur son histoire personnelle. Les notions de leadership et de personnalité sont donc étroitement liées.
La dimension subjective du Leadership
Le manager a essentiellement comme mission, l’atteinte de ses objectifs. Son travail consiste à élaborer des modes d’actions pour répondre aux objectifs de l’organisation. Il se concentre sur la mise en place, la mesure et l’atteinte d’objectifs. Il est chargé de contrôler l’activité de son équipe afin d’atteindre ou de dépasser les objectifs fixés. Le leader a un rôle différent, même s’il doit naturellement prendre en compte les contraintes fonctionnelles et organisationnelles d’une direction. Il s’agit pour lui d’initier et développer des actions nouvelles et originales (issues de ses propres aspirations), en vue de transformer la réalité organisationnelle, par sa capacité à influencer les autres. Tandis que le manager doit veiller à stabiliser l’organisation (en régulant et contrôlant), le leader doit susciter le changement (en orientant et mobilisant).
Ainsi, contrairement au management (gestion), le leadership et le leader ne peuvent se comprendre que dans des histoires de cas (récits de vie) réalisées par des chercheurs expérimentés, formés au travail clinique. Ici, la connaissance (la théorie) ne peut remplacer le discours de l’analysé.
Conclusion
Le leadership ne peut donc s’enseigner de manière classique car il fait appel au vécu et à la personnalité du dirigeant. Le leadership est une « réalité fuyante et éminemment subjective ». Il ne peut s’apprendre que de façon subjective, à partir de l’analyse des discours et de storytelling bien appropriés à ce mode d’ apprentissage.
Pour aller plus loin
Lapierre L., « Gérer, c’est créer », Revue internationale de Gestion, 30(1), 2005, p.10-15.
Lapierre L., « Enseigner le leadership ou former vraiment des leaders ? », Revue internationale de Gestion, 31(1), 2006, p.10-13.








