Selon Le Dauphiné, le fromage en portion Babybel se met au vert en troquant peu à peu ses emballages en plastique contre du papier recyclable. Le groupe Bel lance cette initiative pour répondre aux nouvelles normes d’emballage et aux demandes grandissantes des consommateurs qui recherchent des produits plus respectueux de l’environnement. Ce virage ne touche pas que Babybel, il concerne aussi d’autres incontournables du groupe comme Kiri et La Vache qui rit.
Un challenge technique et politique
Passer au papier, c’est tout un défi pour Babybel, produit emblématique depuis plus de 50 ans. L’usine d’Évron en Mayenne joue un rôle important dans cette transformation, car c’est là qu’un Babybel sur deux consommé dans le monde est fabriqué. Sous la pression politique de vouloir réduire l’usage des emballages plastiques, le groupe Bel a consacré cinq ans à adapter ses lignes de production. Pour l’instant, deux des huit lignes de conditionnement ont déjà été modifiées pour pouvoir utiliser ces nouveaux emballages en papier.
L’objectif, c’est d’atteindre 100 % de papier d’ici la fin de 2027. Avec une production annuelle de deux milliards de portions réparties sur cinq sites industriels à travers le monde, la cadence reste soutenue : 14 portions emballées par minute, soit environ 5 millions d’unités par jour.
Parcours historique et défis environnementaux
Depuis les années 1950, le plastique règne dans l’emballage alimentaire, mais des innovations comme une alternative au plastique émergent pour répondre à cette problématique. Une étude récente de l’Inrae indique que 20 % des plastiques consommés en France en 2023 se destinent aux secteurs agricole et alimentaire, dont 91 % servent spécifiquement à emballer les aliments, soulignant les défis du polystyrène. Dans cette situation, le gouvernement avait proposé plusieurs mesures fiscales pour freiner la production de déchets plastiques, même si certaines idées n’ont pas fait l’unanimité auprès des députés.
Cette transformation chez Babybel devrait permettre de réduire les émissions de CO2 de 2 500 tonnes, soit une diminution de 62 % de l’empreinte carbone liée aux emballages. D’ici 2030, le groupe Bel veut que l’ensemble de ses emballages puisse être recyclé ou composté chez soi.
Les obstacles et les critiques
Malgré ces efforts, les nouveaux emballages en papier ne s’intègrent pas encore aux filières actuelles de limites du recyclage. Des associations comme Zero Waste France rappellent qu’un emballage jetable remplacé par un autre ne règle pas le souci à la source. Marine Bonavita, chargée de plaidoyer pour Zero Waste France, estime qu’il faudrait repenser entièrement l’usage du jetable.
Delphine Chatelin, responsable R & D chez Bel, parle de ce changement comme d’un « défi technique », tandis que Béatrice de Noray, directrice générale adjointe du groupe Bel, souligne que le groupe doit répondre aux attentes toujours plus fortes des consommateurs en matière d’emballage.








