En dix ans, la Chine a fait l’impensable contre la pollution… voici comment

La Chine a réduit sa pollution de l’air de 41 % en moins d’une décennie, offrant un ciel bleu à Pékin.

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En dix ans, la Chine a fait l’impensable contre la pollution… voici comment
En dix ans, la Chine a fait l’impensable contre la pollution… voici comment | RSE Magazine

Depuis plusieurs décennies, la Chine lutte contre une pollution de l’air qui pèse lourdement sur la qualité de vie de ses citoyens et menace l’équilibre climatique mondial. Si la bataille contre le réchauffement climatique paraît encore loin d’être gagnée, le pays affiche néanmoins des progrès spectaculaires dans la réduction de la pollution atmosphérique. À Pékin, autrefois célèbre pour son brouillard grisâtre et ses niveaux très élevés de particules fines, la situation s’améliore grâce à des politiques environnementales ambitieuses. Cependant, malgré ces avancées, les niveaux de pollution restent au-dessus des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La longue route depuis les années 2000

Au début des années 2000, la Chine a connu une dégradation massive de la qualité de l’air en raison de son développement économique rapide et de sa forte dépendance au charbon. En 2008, lors des Jeux olympiques, des mesures temporaires comme l’installation de technologies de désulfuration et le contrôle de la circulation, ont offert un répit. Toutefois, il a fallu attendre 2013 pour que les autorités introduisent des politiques drastiques visant une amélioration durable de la qualité de l’air.

La situation était particulièrement préoccupante avec des épisodes sévères de smog à Harbin, et c’est pendant la période 2013-2017 que des réductions rapides des particules fines ont été observées dans plusieurs régions ciblées. Entre 2014 et fin 2023, une baisse nationale de la pollution particulaire de 41 % a été mesurée, selon l’indice AQLI de l’Université de Chicago (Air Quality Life Index), rapporte Frandroid.

Toujours est-il que « les solutions les plus faciles à mettre en œuvre sont épuisées », selon Chengcheng Qiu, et la transition énergétique nécessaire reste freinée par la dépendance persistante au charbon. Malgré l’objectif officiel de réduire le seuil de PM2,5 de 35 à 25 µg/m³ d’ici 2035, l’effort à fournir reste conséquent.

Des réponses techniques et politiques qui vont loin

La Chine a choisi plusieurs stratégies pour lutter contre la pollution, en ciblant notamment le dioxyde de soufre (SO₂), dont la réduction de la pollution au dioxyde de soufre peut avoir un effet secondaire sur le climat. Les centrales à charbon ont été équipées de systèmes de désulfuration efficaces, capturant jusqu’à 95 % des émissions de SO₂ via l’injection de calcaire, permettant ainsi une réduction des émissions de dioxyde de soufre. Cela a permis de réduire les particules sulfates en suspension, connues pour leur effet refroidissant ; néanmoins, cette diminution des sulfates a légèrement accéléré le réchauffement climatique, avec une hausse d’environ 0,07 °C en Asie, selon la météorologue Laura Wilcox.

À Pékin, des régulations locales ont été mises en place, comme l’interdiction des scooters thermiques dans le centre-ville et la promotion des véhicules électriques, soutenue par l’augmentation des infrastructures de recharge. Ces efforts se sont accompagnés d’un développement très marqué des énergies renouvelables, avec une multiplication des centrales photovoltaïques et des éoliennes.

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