Eau du robinet interdite : ce qui se passe dans 11 communes de France

Un arrêté préfectoral interdit l’eau du robinet pour les personnes vulnérables dans 11 communes.

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Eau du robinet interdite : ce qui se passe dans 11 communes de France
Eau du robinet interdite : ce qui se passe dans 11 communes de France © RSE Magazine

Un arrêté préfectoral vient de changer la vie des habitants de 11 communes du Haut-Rhin près de l’aéroport de Bâle-Mulhouse. Ces communes, qui font partie de l’agglomération de Saint-Louis, ne pourront plus utiliser l’eau du robinet pour certaines catégories de personnes dès le lundi 5 mai. Cette mesure pose des questions sur la santé publique et sur la gestion environnementale.

Pourquoi l’interdiction ?

Le souci vient d’une contamination de l’eau par des substances chimiques appelées PFAS (des polluants connus pour leur ténacité dans l’environnement, souvent surnommés « polluants éternels »). Ces produits se retrouvent dans l’eau à des niveaux dépassant régulièrement la limite fixée par la réglementation. On attribue cette pollution à l’usage de mousse anti-incendie par les pompiers, qui aurait permis aux PFAS de s’infiltrer dans les eaux souterraines.

Les analyses montrent que la concentration des 20 principaux PFAS est entre deux et quatre fois supérieure à la limite de 100 nanogrammes par litre établie par les normes européennes. Pour les populations les plus vulnérables, ça ressemble à un vrai danger pour la santé.

Qui est concerné et comment on s’organise ?

L’interdiction touche directement les femmes enceintes, les femmes allaitantes, les enfants de moins de deux ans et les personnes immunodéprimées. Environ 3 000 habitants – soit 5% de la population totale de l’agglomération – doivent suivre cette règle.

Pour gérer cette situation, plusieurs mesures ont été prévues. À court terme, des unités mobiles de filtration seront déployées pour réduire les niveaux de contaminants dans l’eau. À plus long terme, trois usines de filtration doivent voir le jour d’ici à 2027. Certaines de ces stations utiliseront du charbon actif.

Les sous et le budget

Le coût total des travaux s’estime à environ 20 millions d’euros. Pour l’instant, Saint-Louis Agglomération dispose d’un budget de 4 millions d’euros pour l’eau, ce qui oblige à rechercher un soutien financier externe important. L’EuroAirport a été évoqué comme cofinanceur potentiel. Par ailleurs, Bruno Wollenschneider, président de l’Association de Défense des Riverains de l’Aéroport (ADRA), affirme à France Culture que « c’est à l’aéroport de Bâle-Mulhouse de payer » en suivant le principe du « pollueur-payeur ».

Jean-Marc Deichtmann, président de l’agglomération, prévient que le prix de l’eau va augmenter. Il tient à préciser que ce ne sera pas aux consommateurs et aux riverains de supporter seuls ces frais supplémentaires.

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