Trop de nitrates dans l’eau : ce scandale sanitaire que la France ne peut plus cacher

La pollution des nitrates dans l’eau potable concerne de nombreuses régions en France.

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Trop de nitrates dans l’eau : ce scandale sanitaire que la France ne peut plus cacher
Trop de nitrates dans l’eau : ce scandale sanitaire que la France ne peut plus cacher © RSE Magazine

La pollution de l’eau potable par les nitrates inquiète de plus en plus en France, tant sur le plan environnemental que sanitaire, en raison de la réglementation stricte qui encadre l’utilisation de l’eau. Ces dernières années, on a constaté des dépassements répétés des normes européennes de qualité de l’eau, ce qui soulève des inquiétudes quant à la sécurité sanitaire. Cela inquiète particulièrement pour la sécurité de l’eau du robinet, surtout pour certains publics vulnérables.

Dates et régions touchées

Depuis février 2020, plusieurs alertes ont été lancées sur la qualité de l’eau potable. À Mont-Saint-Éloi, les autorités ont déconseillé aux femmes enceintes et aux nourrissons d’utiliser l’eau du robinet à cause d’un excès de nitrates. En février 2023, une situation similaire a été observée à Wissant, où les taux de nitrates ont dépassé, quoique de peu, les limites réglementaires. Puis, en février 2025, sept communes situées au nord de Moreuil ont reçu la même recommandation en raison d’une teneur élevée en nitrates.

Les régions concernées par ces dépassements sont la Bourgogne-Franche-Comté, le Centre-Val de Loire, le Grand-Est, les Hauts-de-France, l’Île-de-France, l’Occitanie et les Pays de la Loire.

Euro et normes actuelles

Au niveau européen, la situation a été pointée du doigt depuis que la Commission européenne mettait en garde la France pendant cinq ans pour ne pas respecter les normes fixées par une directive adoptée en 2020. Cette directive impose une limite de 50 mg par litre pour les nitrates dans l’eau potable. Malgré cela, environ 107 unités de distribution d’eau potable en France dépassent régulièrement ce seuil.

Pour tenter de faire bouger les choses, la Commission européenne a saisi la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) le 21 février 2023, suivie d’une publication officielle du recours le 22 avril 2023. Dans ce dossier, Bruxelles déplore des efforts français jugés « sans grand résultat ».

Sources de pollution et effets sur la santé

La principale source de nitrates dans l’eau provient des activités agricoles, qui représentent environ 88 % des pollutions (en grande partie à cause de l’utilisation massive d’engrais azotés et les déjections animales). Cette situation peut représenter de sérieux dangers pour la santé, notamment pour les nourrissons qui peuvent développer une méthémoglobinémie (souvent appelée maladie bleue, ce qui signifie qu’une surcharge en nitrates peut altérer la capacité du sang à transporter l’oxygène). D’ailleurs, comme le rappelle Eaux et rivières de Bretagne : « Si un bébé ingère trop de nitrates, il risque la maladie bleue ». Par ailleurs, une exposition prolongée aux nitrates a été liée au cancer colorectal.

Réactions des responsables et démarches juridiques

Face à ces difficultés, le ministère français de la Santé a indiqué qu’en 2023, 99,5 % de la population bénéficiait d’une eau respectant la limite réglementaire. Néanmoins, en 2024, environ 340 000 habitants ont temporairement consommé de l’eau non conforme. Certains reprochent aux autorités un manque d’ambition dans les plans nationaux pour lutter contre cette pollution qui persiste.

De plus, Bruxelles demande maintenant à la CJUE de condamner la France pour sa gestion jugée insuffisante du problème, et ce malgré sept plans de lutte mis en place depuis 1991.

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