On s’inquiète de plus en plus de la présence de produits chimiques issus des activités humaines dans le cycle de l’eau. Ces substances se retrouvent un peu partout – dans les nuages, les nappes phréatiques, les rivières – avant de finir dans la mer, qui reçoit ainsi ces eaux chargées de produits. Dans ce décor, l‘Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) a publié le rapport « Emergent’Sea » le 15 octobre 2025, qui révèle des constats préoccupants sur la pollution marine.
L’étude Emergent’Sea : ce qu’elle vise et comment elle a été faite
Entre 2021 et 2024, l’équipe s’est intéressée à une centaine de contaminants présents dans l’eau de mer et chez les mollusques. On parle ici surtout de pesticides, de médicaments et de produits antifouling. L’échantillonnage a été réalisé sur environ 30 sites côtiers – qu’ils soient urbains, industriels, agricoles ou portuaires – à travers la France métropolitaine. Pour ce faire, ils ont utilisé des échantillonneurs passifs sur 26 points de suivi et réalisé des prélèvements sur mollusques sur 34 points. Les zones visées couvrent la Manche, l’Atlantique et la Méditerranée.
Les résultats sont assez alarmants. En moyenne, 15 substances ont été identifiées par site dans l’eau marine, y compris des nanoplastiques. De plus, trois quarts des 66 substances recherchées se retrouvent au moins une fois dans l’eau.
Ce que montrent les chiffres et leurs conséquences
Le rapport indique que 77 % – soit 51 substances sur 66 – ont été décelées dans l’eau de mer, tandis que 65 % – c’est-à-dire 34 substances sur 52 – ont été quantifiées chez les mollusques. Dans l’eau, on a souvent relevé des métabolites de l’atrazine, du métolachlore et du paracétamol. Du côté des coquillages, ce sont principalement des biocides antisalissures qui sont présents.
Isabelle Amouroux, qui dirige l’unité dédiée à la contamination des écosystèmes marins à l’Ifremer et pilote le projet, explique : « Nous trouvons des substances d’intérêt émergent dans tous nos points de suivi ». Pour Jean-Côme Piquet, responsable du laboratoire Ifremer à Concarneau, interrogé par Ouest France « c’est un programme réalisé avec l’Université de Bordeaux et le CNRS, et financé par l’OFB ».








