Crème solaire : elle sauve votre peau mais détruit la vie marine

Saviez-vous que chaque année, entre 6 000 et 14 000 tonnes de filtres UV polluent nos océans ?

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Crème solaire : elle sauve votre peau mais détruit la vie marine
Crème solaire : elle sauve votre peau mais détruit la vie marine © RSE Magazine

Chaque année, les plages du monde entier accueillent des millions de baigneurs qui cherchent à protéger leur peau des rayons nocifs du soleil. Mais on s’inquiète de plus en plus de ce que ces protections solaires font à la vie sous-marine. En effet, même si elles protègent notre peau, les crèmes solaires posent un vrai souci pour les milieux marins. Entre 6 000 et 14 000 tonnes de filtres UV se retrouvent, chaque année, dans nos océans.

Les filtres UV : organiques et inorganiques

Les filtres UV que l’on retrouve dans les crèmes solaires se classent en deux familles. D’un côté, il y a les filtres organiques fabriqués par synthèse chimique qui absorbent les rayons UV. Parmi eux, l’oxybenzone inquiète particulièrement à cause de sa capacité à persister dans l’environnement et à s’accumuler. De l’autre côté, on trouve les filtres inorganiques comme le dioxyde de titane (TiO₂) et l’oxyde de zinc (ZnO) qui fonctionnent en réfléchissant ou dispersant la lumière.

Un tube de crème solaire peut contenir entre trois et huit de ces filtres UV, qui peuvent représenter jusqu’à 15 % de sa composition totale. On compte quatorze dérivés de benzophénones utilisés dans l’industrie. Ces composants ne se dégradent pas facilement et s’avèrent potentiellement toxiques pour la vie marine.

Les effets sur la vie marine

Les filtres UV provoquent de réels dégâts sur la faune et la flore sous-marines, tout comme l’exposition aux microplastiques peut affecter la santé humaine. Par exemple, la benzophénone-3 est sous surveillance par l’Agence européenne des produits chimiques en raison de ses effets possibles sur les hormones. Des recherches ont montré que ce produit pouvait accélérer le blanchissement des coraux et perturber leur relation avec les zooxanthelles (ces petites algues essentielles à la survie des coraux). En pénétrant dans les tissus coralliens, il provoque décoloration et perte de vitalité.

Les poissons ne s’en sortent pas mieux. L’exposition aux filtres UV peut diminuer la fertilité de certaines espèces et même provoquer des malformations chez les embryons ou des déséquilibres hormonaux. Quant aux mollusques et crustacés, ils subissent aussi un stress oxydatif.

Pollution qui ne s’en va pas et défis du traitement des eaux

Les filtres UV sont souvent décrits comme des « polluants pseudo-persistants », contribuant à la pollution marine globale. Le souci, c’est que les techniques habituelles de traitement des eaux n’arrivent pas à neutraliser efficacement leur toxicité, contribuant ainsi à l’obscurcissement des océans. On en a retrouvé des traces dans diverses parties du globe, y compris en Antarctique.

Pour réglementer et trouver des alternatives plus respectueuses

Face à ce problème, de nombreux appels ont été lancés pour mieux encadrer l’utilisation des filtres UV dans les crèmes solaires. On cherche aussi à développer des formules moins toxiques pour limiter leurs effets négatifs sur l’environnement marin. Des options comme le port de vêtements anti-UV ou l’emploi d’écrans solaires à base minérale non nanoparticulaire sont à l’étude.

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