L’archipel espagnol, habituellement synonyme de destinations de rêve, a décidé de couper les ponts avec les influenceurs. L’idée était de désengorger certains sites trop fréquentés, mais le coup de pouce digital a fini par attirer encore plus de visiteurs dans des endroits fragiles, mettant en péril l’équilibre naturel et social des îles.
Les réseaux sociaux et le tourisme
Instagram, TikTok… ces plateformes ont bien changé la donne pour préparer ses vacances. Aujourd’hui, deux tiers des utilisateurs de TikTok cherchent conseils sur où manger ou poser leurs valises, d’après Anaïs Devaux de TikTok France. Du coup, les influenceurs s’imposent comme de véritables acteurs du voyage, supplantant souvent les agences classiques. Malheureusement, cette visibilité a aussi nourri le phénomène du surtourisme.
Les Baléares en sont un exemple parlant. Les posts d’influenceurs ont attiré un flot important de curieux vers des endroits comme Caló des Moro à Majorque. María Pons, la maire, a constaté qu’environ 4 000 personnes et 1 200 véhicules se rendaient chaque jour dans cette petite crique qui ne peut accueillir qu’une centaine de personnes. À Ibiza, c’est même le point de vue sur Es Vedrà qui a dû être fermé, à cause des plaintes sur la surpopulation et l’pollution des plages.
Les retombées du surtourisme dans l’archipel
Avec ses 2,2 millions d’habitants, les Baléares ont vu défiler près de 17 millions de visiteurs l’an dernier. Ce tsunami touristique pèse aussi bien sur l’environnement que sur la vie quotidienne des habitants : les prix de l’immobilier et du quotidien grimpent, et les lieux publics se saturent.
Les dirigeants espéraient que les influenceurs aideraient à répartir les foules, mais l’impact environnemental a été exactement le contraire de celui attendu et va à l’encontre de la politique gouvernementale qui veut freiner le tourisme. Face à cet échec, la municipalité a décidé de retirer toutes les images séduisantes de ces sites sur Internet, pour tenter de calmer le jeu.
Réactions et mesures à l’international
Le problème du surtourisme ne se limite pas aux Baléares. D’ailleurs, plusieurs lieux dans le monde sont touchés. À Bali, par exemple, c’est 6,3 millions de visiteurs pour 4 millions d’habitants en 2024, et les infrastructures peinent à suivre la cadence. De son côté, le parc national de Redwood en Californie a fermé l’accès à son arbre Hyperion pour protéger sa nature vulnérable.
En Europe, Étretat en Normandie attire environ 1,5 million de visiteurs par an. Une association locale a lancé la campagne #EtretatFragile pour sensibiliser sur les risques que la surfréquentation fait peser sur la stabilité des falaises.
Pour un tourisme plus durable
Face à ces situations difficiles, les gouvernements se voient obligés de prendre des mesures fortes. En Espagne, une récente action contre Airbnb vise à éliminer 65 000 annonces illégales, montrant la volonté ferme de mieux encadrer le secteur touristique.








