Ces derniers temps, un phénomène qui sort de l’ordinaire attire l’œil des passionnés d’histoire et des chercheurs : la réapparition visible des vestiges du légendaire phare d’Alexandrie, autrefois l’une des Sept Merveilles du monde antique. Situé devant la côte égyptienne d’Alexandrie, ce site revient au jour et offre un regard fascinant sur des prouesses architecturales enfouies sous les flots depuis plus de deux millénaires.
Le phare antique refait surface
Le Phare d’Alexandrie, souvent considéré comme le phare le plus célèbre de l’histoire, suscite aujourd’hui un regain d’attention. Construit au IIIe siècle av. J.-C. sous le règne de Ptolémée Ier, il servait à guider les navires vers le port d’Alexandrie. Sa stature monumentale, estimée à plus de 100 mètres de hauteur, montrait l’ingéniosité architecturale de l’époque, mêlant utilité et esthétique. Une série de tremblements de terre dévastateurs au Moyen Âge provoqua sa chute, rendant ses vestiges inaccessibles pendant plus de 1 600 ans.
Les récentes découvertes archéologiques comprennent une série de blocs structurels massifs immergés, dont certains pèsent jusqu’à 80 tonnes, retrouvés à une profondeur de 5 à 7 mètres. Ces éléments, linteaux, seuils et dalles de pavement, offrent une fenêtre précieuse sur les méthodes de construction hellénistiques, révélant des connaissances poussées en géométrie, équilibre et matériaux.
La technologie moderne qui fait parler le passé
Ce retour du passé n’aurait pas été possible sans les outils actuels de l’archéologie sous-marine. Le projet est piloté par le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) avec l’appui de la Fondation Dassault Systèmes et se déroule sur le site de Qaitbay. Grâce à des technologies modernes, les chercheurs reconstituent virtuellement l’allure originelle du phare. Ces techniques non invasives permettent d’étudier en profondeur proportions et modes d’assemblage sans troubler l’équilibre délicat de ces blocs historiques.
Isabelle Hairy, responsable scientifique du projet, souligne l’énorme défi que représente la récupération de ces blocs imposants : « Le principal défi consistait à remonter des blocs de plus de 30 t immergés à une profondeur de 5 à 7 m. », cite le magazine Historia. Les pierres, bien que retirées pour étude, sont replacées au fond marin afin de préserver leur intégrité, une démarche qui empêche la réutilisation indue des matériaux historiques.








