La relation entre le principal et l’agent: asymétrie d’informations et risques d’opportunisme
La théorie de l’agence ou théorie des mandats entend ici remettre en cause le postulat qui représente l’entreprise comme un acteur unique, pour mettre l’accent sur les divergences d’intérêts potentielles entre les différents partenaires de l’entreprise (dirigeants, actionnaires et créanciers). En effet, pour ces auteurs, les différents acteurs de l’entreprise, s’ils veulent maximiser leur propre utilité, peuvent avoir des intérêts qui ne sont pas nécessairement convergents.
Ainsi par exemple, les dirigeants d’une société, mandatés par des actionnaires, qui leur ont délégué leur pouvoir de décision, n’agissent pas nécessairement au mieux des intérêts de leurs mandants. Ils peuvent aussi profiter de la liberté qu’ils leur aient contractuellement accordée, pour gérer les affaires de leurs mandants dans un sens défavorable à ces derniers (abus de pouvoir, manipulation, tromperie, falsification).
Le comportement de l’entreprise résulte dès lors d’un processus complexe d’équilibrage qui occasionne un certain nombre de coûts appelés « coûts d’agence » et qui sont nécessaires pour que les agents (à l’image des dirigeants) adoptent un comportement conforme à l’intérêt des actionnaires qui les ont mandatés.
Les coûts d’agence
En effet, si le principal souhaite contrôler les actions menées par l’agent, il doit supporter des coûts d’agence élevés, comme par exemple des dépenses de surveillance, la présence d’un commissaires aux comptes, des dépenses d’incitation ou la distribution de stock-options aux dirigeants pour les placer dans la situation du principal et intégrer ainsi ses préoccupations.
La théorie de l’agence ou des mandats correspond donc à une tentative de mise en parallèle de la théorie financière et de la théorie des organisations. Elle souligne les risques de divergence d’intérêts et d’asymétrie d’information entre les parties, lesquelles engendrent tout un ensemble de coûts, désignés sous le nom de coûts d’agence. On peut citer comme dépenses structurelles, les coûts de surveillance (monitoring costs) pour éviter les comportements déviants des mandataires, les dépenses d’incitation, les coûts de justification (bonding costs) pour convaincre les mandants que leurs actions sont bien conformes à leurs intérêts ou encore le coût d’opportunité qui correspond à la perte d’utilité subie par le principal suite à une divergence d’intérêts avec l’agent.
Conclusion
Dans le domaine de l’entreprise et plus précisément dans le champ de la finance, alors que l’actionnaire compte rentabiliser son capital, l’agent ou dirigeant peut être tenté de tirer des bénéfices de son pouvoir managérial et informationnel au détriment de son mandant. Face aux risques d’asymétrie d’information et aux comportements opportunistes, le principal peut donc être amené à mettre en place un système qui pousse l’agent à réaliser l’action, en dévoilant la totalité de ses informations (transparence). La théorie de l’agence entend ainsi définir les formes d’organisation et les types de contrats susceptibles de réduire les risques d’opportunisme et de minimiser les coûts d’agence.
Pour aller plus loin
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