Depuis des décennies, le papier toilette domine les foyers occidentaux. Mais une étude récente menée par des chercheurs de la North Carolina State University, publiée dans la revue Cleaner Environmental Systems, remet en question cet usage quotidien. Les résultats montrent que l’empreinte environnementale du papier toilette, surtout celui à base de bambou, pourrait être plus importante qu’on l’imagine. Cela pousse à se tourner vers le nettoyage à l’eau, pratique déjà largement répandue en Asie et qui gagne du terrain en Europe.
Le bilan environnemental qui surprend
Les auteurs ont étudié le cycle de vie du papier toilette, de la production à l’élimination, y compris les rouleaux de papier toilette qui peuvent être réutilisés. Ils ont comparé plusieurs types de papier, notamment le papier standard américain et le papier toilette à base de bambou produit en Chine.
Les résultats sont inattendus : le papier à base de bambou, même s’il est souvent présenté comme plus « écologique », dégage environ 2 400 kg de CO2e par tonne, contre 1 824 kg de CO2e par tonne pour le papier classique américain.
Ces écarts s’expliquent surtout par le mix énergétique et les techniques de production. En Chine, de nombreuses usines utilisent majoritairement des combustibles fossiles, comme le charbon, ce qui augmente fortement leur empreinte environnementale. À l’inverse, les unités de production au Canada et au Brésil bénéficient d’un mix énergétique plus propre, avec une part importante d’hydroélectricité.
Marketing « vert » et réalités énergétiques
Le marketing des produits à base de bambou met souvent en avant des formules du type « sans arbre », comme symbole d’une démarche écologique. L’étude alerte pourtant sur le fait que ces messages peuvent être trompeurs si les procédés de fabrication ne sont pas respectueux de l’environnement. Pour les consommateurs, il vaut mieux rester sceptique face à ces allégations quand elles ne s’accompagnent pas de chiffres précis.
Les chercheurs montrent aussi que si le bambou était transformé avec un mix énergétique plus propre, son empreinte carbone deviendrait comparable, soulignant l’importance de l’innovation dans les technologies.
Pourquoi le nettoyage à l’eau se développe
Face à la question de la pollution liée au papier toilette, le nettoyage à l’eau apparaît comme une alternative sérieuse et durable. Très répandu en Asie et présent dans certaines régions d’Europe, il s’appuie sur des dispositifs variés : bidets en porcelaine, toilettes avec fonctions de lavage intégrées, ou pulvérisateurs manuels. Ces solutions peuvent s’adapter même aux petites salles de bains et offrent une hygiène plus complète tout en réduisant nettement l’usage du papier.
La crise sanitaire de 2020 a accéléré les choses : les rayons vides ont poussé beaucoup de consommateurs à chercher d’autres façons d’assurer leur hygiène personnelle. D’après le magazine Marie France, la douchette a gagné du terrain dans certains foyers européens, encouragé par une prise de conscience écologique et des campagnes militantes.








