Une nouvelle mise au jour attire l’attention : un site paléontologique installé dans les marnes argileuses autour de Mèze, entre Béziers et Montpellier, dans le sud de la France. On y trouve des fragments fossilisés datant de la fin du Crétacé (entre 70 et 72 millions d’années), offrant une rare fenêtre sur les dernières phases de la vie des dinosaures avant l’extinction massive.
Une fouille menée par une équipe rodée
Les travaux, pilotés par le Musée-Parc des Dinosaures sous la direction d’Alain Cabot, ont débuté en octobre et se sont étalés jusqu’à la fin mars, avec des interruptions liées aux conditions météo. Les pluies répétées ont transformé le sol en boue glissante, obligeant l’équipe à arrêter régulièrement les opérations pour laisser le sédiment sécher. Malgré ces difficultés, les chercheurs du musée, des universitaires de l’Université de Montpellier II et d’autres scientifiques ont pu reprendre et poursuivre les fouilles avec succès.
Les équipes ont procédé de façon méthodique : déblaiement de l’épaufrure, cartographie géologique du site, puis des creusements plus profonds, similaires aux découvertes d’empreintes fossiles. Ceux-ci ont mis au jour un horizon fossilifère dense, riche en œufs de dinosaures préservés depuis des dizaines de millions d’années.
Un trésor : plus de 100 œufs découverts
Parmi les trouvailles les plus impressionnantes, on compte plus de 100 œufs de dinosaures fossilisés visibles. La majorité est attribuée aux titanosaurs, reconnaissables à leur forme parfaitement ronde. Les titanosaures, au long cou et herbivores, faisaient partie des plus grands dinosaures terrestres de leur époque. Alain Cabot souligne l’importance de cette découverte : « À ce stade, il y a déjà plus de 100 œufs de dinosaures visibles, et surtout, la couche continue. » cite le magazine Geo.
Les recherches montrent aussi des œufs fossiles à structures différentes, peut-être d’ankylosaures ou de petits théropodes. L’identification repose pour l’instant sur l’observation de la microstructure des coquilles; l’équipe attend la trouvaille d’embryons pour confirmer définitivement ces attributions.
Comment les nids se sont formés et ont été fossilisés
Les fouilles suggèrent que les femelles pondaient en groupes, déposant leurs œufs dans des nids recouverts de végétation. Le climat subtropical de l’époque, en favorisant la décomposition de la matière végétale, aurait aidé à l’incubation des œufs. Des inondations répétées ont ensuite rapidement enseveli ces nids : cet enfouissement a permis la préservation des fossiles dans les marnes argileuses, même si ces mêmes marnes compliquent considérablement les opérations de fouille.








