Pour la première fois en 40 ans, le « souffle de l’océan » a disparu au large du Panama : les océanographes n’ont aucune explication

En 2025, l’upwelling au large du Panama a disparu pour la première fois en quarante ans, bouleversant écosystèmes et pêcheurs.

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Pour la première fois en 40 ans, le « souffle de l'océan » a disparu au large du Panama : les océanographes n'ont aucune explication
Pour la première fois en 40 ans, le « souffle de l’océan » a disparu au large du Panama : les océanographes n’ont aucune explication © RSE Magazine

Le phénomène connu sous le nom d’« upwelling saisonnier » au large du Panama a tout bonnement disparu en 2025, une première en quarante ans. Cette interruption est décrite dans une étude parue dans Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) et rapportée par Earth. L’arrêt perturbe à la fois les écosystèmes marins et les communautés humaines qui vivent de la mer.

Ce que ça change pour la mer et pour les gens

L’absence d’upwelling en 2025 a eu des conséquences marquées. Ce cycle naturel amenait habituellement des eaux froides et riches en nutriments à la surface, refroidissant les côtes du Golfe de Panama. Sans ce renouvellement, des écosystèmes aquatiques entiers, y compris les récifs coralliens le long de la côte pacifique du Panama, ont été exposés à des eaux plus chaudes pendant une période prolongée.

Les nutriments qui nourrissent le phytoplancton (la première étape de la chaîne alimentaire marine) n’ont pas été réapprovisionnés, ce qui a perturbé l’équilibre écologique. Les villes côtières et villages de pêcheurs, comme ceux situés le long de la côte sud de l’océan Pacifique de l’Amérique centrale, ont ressenti les effets. Les pêcheurs locaux, qu’ils pêchent pour vendre ou pour leur consommation, ont constaté les changements bien avant que les tendances à long terme ne soient mesurées, montrant la nécessité de prévisions plus fines pour ces zones.

Ce qui s’est passé et comment on l’a analysé

D’habitude, le refroidissement saisonnier arrive au plus tard le 20 janvier. En 2025, il n’a été observé que le 4 mars, et pour seulement douze jours, alors qu’il dure normalement environ deux mois. Des scientifiques comme Aaron O’Dea du STRI ont étudié ces faits à partir de données satellitaires disponibles depuis 1985 et de journaux de températures datant de 1995.

Le navire de recherche S/Y Eugen Seibold a aussi fourni des mesures directes : elles montrent que la chaleur est restée stratifiée dans la colonne d’eau au lieu d’être remplacée par l’habituelle montée d’eaux froides, contrairement aux vagues géantes observées ailleurs. Autre élément surprenant : l’intensité des rafales de vent est restée normale, mais leur fréquence a chuté de 74 %, perturbant le mécanisme d’upwelling. La Niña, bien que présente, n’explique pas entièrement l’événement, ce qui renforce l’idée de O’Dea selon laquelle les dynamiques régionales jouent un rôle majeur, au-delà des étiquettes climatiques globales comme le retour d’El Niño.

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